l’essentiel
Lorsqu’elle a arrêté de rembourser les mensuels, ses parents, des retraités, ont commencé à recevoir des mises en demeure et ont découvert le pot aux roses. Jugée cette semaine par le tribunal correctionnel d’Albi, cette mère de famille de 44 ans a été condamnée pour escroquerie et usurpation d’identité.

« J’ai honte de ce que j’ai fait ». À la barre du tribunal correctionnel d’Albi jeudi après-midi, la prévenue fait son mea culpa. Pendant quatre ans, de 2017 à 2021, elle a contracté plusieurs crédits pour la consommation au nom de ses parents et à leur insu, pour un total en plus de 40 000 €. Ce n’est que lorsque les courriers pour impayés ont commencé à arriver dans leur boîte aux lettres que ces derniers ont compris ce que leur fille avait fait.

« Comment avez-vous eu cette idée brillante ? », lui a ironisé le président Arrial. La prévenue, âgée de 44 ans et mère d’un enfant, explique qu’elle sortait à l’époque d’une séparation difficile et d’une longue dépression. Elle avait besoin d’une nouvelle voiture mais ses ressources ne lui permettaient pas d’accéder au crédit.

Suivi psychiatrique

Elle a donc convaincu sa mère d’ouvrir un compte auprès d’un nouvel établissement bancaire et de contracter un prêt de 7000 €, sans en informer le père et en s’engageant à la rembourser tous les mois. Ce qui lui a permis d’acheter une Audi A3.

Mais elle ne s’est pas arrêtée là et a contracté d’autres crédits à la consommation au fil des ans, au nom de ses parents, cette fois sans qu’aucun d’entre eux ne soit au courant. Il lui était facile de fournir des pièces d’identité et des avis d’imposition poursuivis par les établissements de crédit : c’est elle qui s’occupe des papiers de ses parents, à la retraite depuis plusieurs années. « Ils n’ont pas fait beaucoup d’études », explique-t-elle à la barre.

« Qu’avez-vous acheté avec cet argent ? », l’interroge le président. « Des parfums, des restaurants, un voyage à Paris… des c*nneries », répond-elle, penaude. « Des achats irrefléchis » dira leur avocat, Me Malric-Laroche, qui a rappelé le suivi psychiatrique dont profite son client après de nombreuses années.

Sa simple porte plainte

Les mensualités étant cumulables et elle étant dans l’impossibilité de rembourser l’argent emprunté, j’ai subi une restructuration de crédits auprès de la BNP, qui m’a réclamé plus de 30 000 €. C’est en avril 2021, après avoir reçu un courrier de la Banque de France, que sa mère ira avec elle au commissariat d’Albi pour porter plainte. Âgée de 71 ans, cette dernière est aussi poursuivie pour escroquerie dans le cadre du premier crédit contracté en 2017. Sujette à des problèmes cardiaques, elle ne s’est pas réduite à l’audience et a été relaxée par le tribunal.

Quatre établissements de crédits se sont constitués parties civiles concernant les faits d’escroquerie. Ne pouvant pas être poursuivie pour avoir volé ses parents, du fait de « l’immunité familiale » comme je l’ai expliqué dans ses réquisitions du représentant du ministère public, Matthieu Colomar, la prévenue était également jugée pour usurpation d’identité.

Le tribunal l’a reconnu coupable et l’a condamnée pour les faits d’escroquerie à 8 mois de prison avec une sursis probatoire pendant deux ans, incluant des obligations de soins, de travail et d’indemniser les victimes. Elle a également écopé de 3 mois avec sursis pour l’usurpation d’identité de ses parents.

Rédacteur, Auteur, Journaliste

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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