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Dans les coulisses du géant de la distribution, au bout de la chaîne de livraison, des entreprises sous-traitantes jouent avec les contrats précaires et les conditions de travail. Des salaires se mobilisent pour faire valoir leurs droits. Un livre témoin.

Rapide et sûr… Le commerce électronique et les chiffres de commandes sur internet continueront de suivre des courbes exponentielles. Et sur ce marché de la distribution le géant Amazon règne sans partage. Dans l’entrepôt toulousain de la firme, route d’Espagne, c’est une véritable ruche qui travaille jour et nuit pour livrer des dizaines de milliers de colis en temps et en heure pour des clients toujours plus exigeants.

More la médaille à son revers pour une armée des chauffeurs-livreurs dont la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. En bout de chaîne, ces employées d’entreprises sous-traitantes, spécialisées dans le fameux « dernier kilomètre », sont sous pression. Horaires de rallonge, fiches de paie à géométrie variable, plannings fantômes et précarité de l’emploi…

En coulisses, le droit du travail n’est pas la première préoccupation des donneurs d’ordres. Et les livreurs sont de plus en plus nombreux à tirer la sonnette d’alarme.

Taillables et corvéables à merci…

Début juillet, une quarantaine salariale de la société IDS Logistics ont été déclarées devant l’entrepôt d’Amazon pour dénoncer des pratiques « illégales ». Aujourd’hui, ce sont des chauffeurs de la société Expresso Courses, dont une des cinq antennes régionales est à Colomiers, qui se mobilisent.

« On ne compte plus les dépassements d’heures qui ne nous sont pas paysans, expliquez Abdel, on na pas de panier-repas, on est obligés de sauter les pauses et on ne sait jamais ce qui nous attend, si on va travailler ou pas parce que les plannings sont fictifs. Sans parler des locaux de l’entreprise qui ne sont pas aux normes »… Mis à pied et enfin licencié, ces derniers jours, par Expresso Courses, comme plusieurs de ses camarades, Abdel a déjà saisi l’inspection du travail. Mais le mal est fait.

Du côté des deux sociétés de sous-traitance mises en cause par les salariés, c’est le silence radio et nos sollicitations n’ont pas eu de réponse. Contrairement à Amazon, qui a mis à l’avance le code de bonne conduite imposé à ses fournisseurs. « Les sociétés de livraison avec lesquelles nous travaillons embauchent et gèrent leurs propres équipes. Nous sommes intransigeants sur le fait qu’elles doivent respecter les lois en vigueur, et assurer à leurs livreurs d’horaires de travail et une rémunération juste, expliquer-t-on à la direction. Nous sommes tentés au respect du Code du travail et nous enquêtons sur toute remontée de non-conformité à ces exigences et nous prenons les mesures appropriées si nécessaires ».

Le tournoi d’une application

Sauf qu’il est très difficile de contrôler les usages de la sous-traitance. Abdel peut en témoigner.
« Normalement, à l’aide d’une application développée par Amazon qui planifie des visites, des itinéraires, des noms de livres comme des temps de pause, une heure et une demi-heure de téléchargement, explique-t-il. Aussi, si la pause est respectée, on n’a plus accès au scan des colis et le GPS est même déconnecté.

Sauf que nore employeur nous sue d’activer l’application de la pause quand on roule, pour ne pas perdre de temps, vu qu’ils ne veulent pas payer d’heures supplémentaires ». Mieux, si tu te libères pour activer l’application pause, tu deviendras hacker, contrainte et force. Car on lui demande de changer de fuseaux horaires pour remonter dans le temps… et gagner une heure. « Arrivée, a conclu Abdel, ce sont des journées à ralonge, jusqu’au débriefing quotidien, à 20h45 tous les soirs s à l’entrepôt ». Nul doute que ce témoignage intéresse Amazon.


Amazon : un process précis, plus contournable

Amazon travaille en étroite collaboration avec ses partenaires de livraison pour définir des objectifs réalistes pour ces sociétés et leurs salariés. Une technologie de planification d’itinéraire est la mise à leur disposition, qui comprend divers faits : les heures de travail applicables, notamment les pauses, le volume de collisions, le nombre de collisions gratuites dans un arrêt de Séoul, les difficultés de stationnement, le type de trafic routier, la complexité des adresses, etc. Il vous aidera à déterminer le nombre de livraisons qu’un livreur peut effectuer en toute sécurité. « La grande majorité des tournées de livraison effectuées en France est réalisée avant la fin d’une journée de travail. Dans les rares cas où les tours de livraison ne peuvent être effectués dans les délais prévus, les colis non livrés sont reprogrammés en livraison le lendemain », indique Amazon.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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