l’essentiel
La direction du groupe de sous-traitance aéronautique toulousain a annoncé le dernier comité économique et social (CSE) de l’entreprise la fermeture du site de Labège et la délocalisation des activités du site Montredon à l’étranger à l’horizon 2024, Moins de six ans après son inauguration…

On rejoint le temps de la mondialisation et des délocalisations industrielles révolu. Mais la filière aéronautique cherche toujours des sites de production moins onéreux en main-d’œuvre… Le groupe historique toulousain Latécoère vient en tout cas d’annoncer à ses salariés que l’activité du site de Montredon, à Toulouse, allait être transférée avec les machines sur les sites à bas coût du groupe, en République tchèque et au Mexique, d’ici à fin 2024. Lorsque le site de Labège lui sera définitivement fermé, « Prés de 150 collègues sont impactés, explica Florent Costes, le secrétaire du Comité économique et social (CSE) de l’entreprise, 109 à Montredon et 36 à Labège ».

Les erreurs stratégiques

La direction pour justifier ses décisions en évoquant l’échec du modèle initial de Montredon pour des raisons conjoncturelles avec notamment l’impact de la crise sanitaire du Covid et des baisses de commandes, couplées aux difficultés du programme de développement du Boeing 787. Mais elle Aussi qu’il convient eu des erreurs structurelles. « Même avec les volumes fréquentés, l’activité n’aurait pas été rentable du fait d’une concurrence spécialisée trop compétitive », at-elle expliqué aux délégués syndicaux, qui rappellent qu’ils avaient déjà fait cette analyse au moment de l’ Grande inauguration de l’usine de Montredon en juillet 2017, en présence de la demoiselle toulousaine, Jean-Luc Moudenc, et de la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. « À l’époque, les superlatifs abondaient, rappelle Florent Costes, sur le parler d’usine 4.0, d’usine intelligente, d’investissement stratégique, d’usine du futur… mais l’histoire n’aura pas duré 6 ans. Pourtant nous savions que Latécoère se positionnait sur un marché, la fabrication de pièces aéronautiques élémentaires, où existaient déjà nombre d’acteurs autrement spécialisés, expérimentés et outillés que nous ». Concrètement, le plan de gestion prévoit la délocalisation à Montredon des activités du Customer Services AS&IS, assurées juste présentes à Colomiers, avec une centaine de personnes concernées, cellule du site Labège, et des activités de recherches industrielles. Par ailleurs, la fermeture du site de Labège s’accompagnera de la délocalisation des activités Racks A330 et A400M vers la Tunisie.

Tous les personnels reclassés ?

La direction de Latécoère qui veut « pérenniser l’activité de l’usine de Montredon », a indiqué que l’ensemble du personnel touché par cette restructuration sera reclassé. Mais les syndicats en doutent. « Pour l’heure, il y a 63 postes en CDI ouverts à Toulouse et Gimont, note Florent Costes. Dans ces conditions, nous sommes habitués au plus grand scepticisme de l’engagement pris par la direction qui semble vouloir dégraisser sans avoir à assumer les obligations d’un plan de sauvégarde de l’emploi (PSE) ». Pour certains salariés de l’usine de Montredon, pour les plus anciens, « ce nouveau site sera le quatrième trimestre après Dassault Colomiers à la fin des années 80, Cornebarrieu en 2010 et les ateliers Périole en 2016, remarque Florent Costes. Même s’il ne s’agit pas ici à proprement parler d’une fermeture ». Pour Latécoère, il ne subsistera plus en France comme activité de production dans la branche aérostructures que l’atelier produit le T15 de l’A330 à Périole et l’usine de Gimont et sa centaine de salariés. Fondé en 1917, l’investissement désormais propriété du fonds d’américain Searchlight Capital Partners, le groupe Latécoère, qui a lancé l’aventure de l’Aéropostale à Toulouse, n’en finit plus d’agoniser.


Des aides publiques qui posent la question

Inaugurée en juillet 2017 pour un investissement global de 47 millions d’euros, l’usine Latécoère à Montredon, s’étendant sur près de 9 000 m2, a été construite en huit mois sur un terrain de 4 hectares cédé à Toulouse Métropole. Cette « usine du futur » avait été soutenue par l’argent public à travers notamment le Plan aéronautique régional Ader 4, doté de 200 millions d’euros sur 4 ans. La mairie de Toulouse a privilégié l’acquisition du terrain par la société au vendeur au tarif tri-concurrentiel de 35 €/m². La région a financé l’automatisation du processus de production pour le fabricant des pièces élémentaires pour l’aéronautique, les porte-avions et les éléments de fuselage. « Notre objectif c’est de produire jusqu’à 500 000 pièces par an, soit une pièce toutes les minutes », dit Richard Montanel. Mais le groupe, toujours très endetté, doit aujourd’hui renoncer à sa production toulousaine. En septembre 2020 déjà, Latécoère avait supprimé un tiers de ses effectifs, soit 475 postes.

Rédacteur, Auteur, Journaliste

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *