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Joueur le meurtre de Martine Escadeillas 35 ans après, défi difficile. Lors de la première journée d’audience devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, les éclats n’ont pas manqué. La défense est battue sur les détails, qui ne se retient pas, et encore une fois, doute. La partie civile et l’avocat général veillent.

« Je suis innocent, monsieur le président ! Voix forte et claire, Joël Bourgeon n’hésite pas quand le président Guillaume Roussel l’interroge sur « sa position », ce vendredi 1er juillet matin devant la cour d’assises de la Haute-Garonne où il est poursuivi pour le meurtre de Martine Escadeillas le 8 décembre 1986. Puis toute la journée, cet homme de 58 ans écoute, jambes croisées. Avec sa chemise oxford et son jean, on pourrait l’imaginer dans un bar anglais, dans un fauteuil en cuir avec un verre de vieux whisky.

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Sous la chaleur, la cour d’assises de la Haute-Garonne présente moins de charme. Surtout avec, d’un côté, les membres de la famille de Martine Escadeillas, visages graves, impatients ; de l’autre, les deux filles et la femme de l’accusé qui le déborde de leurs égards.

Les débats, centrés autour de l’enquête, ont vite tourné au bras de fer entre les gendarmes, qui ont défilé à la barre, et la défense, précise et pas décidée à perdre la main.

Le major directeur d’enquête ouvre le bal. Presque 90 minutes d’exposé, peu de blanc et beaucoup d’éléments qui accusent Joël Bourgeon. « L’agresseur de Martine Escadeillas connaît parfaitement les lieux, l’immeuble, les caves, le chains factice, le point d’eau ou l’agresseur s’est lavé les mains, l’accès aux caves par la porte extérieure.. .Tout ça, il se connaissait. »

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Ces éléments, on les retrouve dans les aveux de Joël Bourgeon « réalisés sans pression » disent les enquêteurs. « Et sans avocat », s’agace Me de Boyer-Montaigut. « Je n’ai jamais porté plainte », a déclaré l’avocat général Nicolas Ruff. « Ces aveux croisent les vérifications réalisées en 1986 comme le nettoyage des marches qui conduisent à la cave », insiste l’ancien enquêteur de la Sr de Toulouse.

Parfois l’accusé enlève la tête, négativement. Parfois, au contraire, il rougit comme un gosse. Comme quand, agacé, Me Frédéric David lance à propos de son départ vers Lyon en janvier 1987 : « Il est parti parce qu’il l’a tuée ! »

La défense : « Je finirai a priori coupable »

Malaise encore chez l’accusée quand la commandante, experte en science criminelle et sciences du comportement, répond au président Guillaume Roussel, remarquable de flegme. Lors des aveux, qu’il renie aujourd’hui, l’accusé est demeuré très vague sur ce qu’il a fait du corps.

« Est-ce un blocage ou un échappatoire ? », s’interroge le président. « De mon expérience, une échappatoire. Difficile, surtout 30 ans après, de dire ce qu’on a fait à un corps, la violence dont on a pu témoigner, note l’officier. En garde à vue, en janvier 2019, M Bourgeon à 56 ans, le 23 en 1986. Pour rapport à sa famille, à ses amis, pas facile d’expliquer si c’est bien lui que est l’agresseur. »

Cette précaution oratoire, et le respect de la présomption d’innocence, le spécialiste de l’analyse criminelle de l’oubli. À la barre, ils sont exposés tient de la charge de cavalerie sabre au clair. Même face à la défense qui se bat sur les détails, ceux qui peuvent nourrir le doute.

« – Vos conclusions sont pémptoires, se permettent, poli, Me Eric Mouton.

– À 200 %, je suis convaincue de la culpabilité de M. Bourgeon », répond l’enquêtrice.

– Vous le traitez de psychopathe. Vous assumez ?

– Oui.

– Il y a peut-être aussi un peu d’excès dans votre exposé, intervient le président.

– Et pas mal d’a priori, contre attaque Me Mouton. Il va finir par être a priori coupable ! »

Reprise des débats lundi 4 juillet. Verdict miséricorde.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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