l’essentiel
Plus de trente-cinq ans après la disparition de Martine Escadeillas, et à l’issue de quatre jours de débat, la cour d’assises de la Haute-Garonne a condamné Joël Bourgeon à 20 années de réclusion criminelle ce mercredi 6 juillet, peu après 20 heures.

« La cour à la majorité de six voix au moins vous a reconnu coupable de meurtre le 8 décembre 1986 à Ramonville Saint-Agne, annonce le Président Guillaume Roussel. Par conséquent, Monsieur Bourgeon, vous êtes condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Vous Parfois Je dis jours pour faire appel. »

Dans la salle de la cour d’assises de la Haute-Garonne, bondée, les pleurs des filles de Joël Bourgeon brisent le silence. Ils avaient 22 et 25 ans. Le 8 décembre 1986, lorsqu’elle est abattue, Martine Escadeillas a 24 ans. Deux instructions, des suspects non retenus puis, en 2016, une lettre qui relance le cold case.

Le procès de Joël Bourgeon, depuis vendredi devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, a montré la difficulté de juger avec le temps qui passe. Un temps dont les avocats de la défense ont rappelé « que Joël Bourgeon n’était pas responsable ». « Il n’est pas responsable de l’ampleur de l’affaire Alègre qu’il occupe, il est responsable du manque de travail de certains gendarmes, et même des erreurs des juges », insiste Me Mouton.

Devant des jurés, une femme et cinq hommes qu’on a feutre parfois un peu perdu, la défense et l’accusation, ont lré à eux les arguments qui servaient leur cause. « RÉans ce dossier, il n’existe pas de doute raisonnable sur la culpabilité Joël Bourgeon. Ce n’est pas un coupable mais le coupable du meurtre Martine Escadeillas », affirme l’avocat général Nicolas Ruff.

« Sans retrouver le corps, comme un crime non élucidé »

En effet, la défense par la voix de Me de Boyer-Montaigut, répond : « Cette ultime instruction crédibilise le douteux pour douter de ce qui est crédible. Puis elle grave dans le marbre des aveux batis sur du sable mouvant psychologique et surinterprète les faits et gestes de Joël Bourgeon pour tenter de sceller un soupçon. En réalité, dans ce dossier, la construction d’une culpabilité à pris le pas sur la recherche de la vérité ! »

En parallèle de ce ping-pong judiciaire, deux familles se toisent. Celle de Martine Escadeillas justifie enfin ce qu’elle a choisi : une tombe digne de « leur » sour disparue. Après 36 ans, ils sont activés la tête pour scruter l’horizon. Après trois ans, vous n’êtes pas là avec pour horizon que votre mensonge, votre immense lâcheté, dénonce leur avocat, Me Frédéric David. Si on ne retrouve pas le corps, c’est comme un crime que reste non elucidé ». Attaché à mon faisceau d’indices réunis par l’instruction, l’avocat a fait remarquer « ces petits cailloux qui, indépendamment les uns des autres, témoignent de Rien de précis mais qui convergent tous dans le même sens ! »

Joël Bourgeon ne bronche pas. Sa femme, ses filles serrent les mains et les dents. De plus ils craquent et crient leur douleur quand l’avocat général requiert 20 ans de réclusion criminelle. Que savent-elles du garçon de 23 ans que jouait au pied et faisaient de la moto avec Thierry, sont « grand copain incontournable » devenu « connaissance de cage d’escalier, le compagnon de Martine Escadeillas ? Pas grand-chose.

La défense : « Tellement d’incohérence »

Ils ont sauvé en revanche le bonheur de cet homme aujourd’hui âgé de 58 ans. Du moins jusqu’à son arrestation. Deux fois père, « il ne veut que notre bonheur », dit sa plus jeune fille. Ce formateur et voisin apprécié, ou pas, revendique son innocence depuis trois ans.

Mais avant de crier, pas toujours de manière très cohérente d’ailleurs, cet homme a passé des aveux en garde à vue. « On y trouve tellement d’incohérences, dénonce Me Mouton. Et si M. Bourgeon dit que c’est le bordel dans sa tête lors de sa garde à vue, le procureur de Toulouse en janvier 2019 parle, lui, d’aveux non circonstancié. » Cette lecture, ni la partie civile, ni l’accusation ne la partage. L’avocat général Nicolas Ruff regrette surtout : « Ces aveux se sont arrêtés à mi-chemin, sans donner le corps ».

C’est, peut-être, ce qui au moment de décider d’une peine, a définitivement forgé l’intime conviction des jurés. Et qui reste l’énigme non résolue de ce dossier. « Sans le corps de Martine, pour sa famille, commente Me David, ce procès reste un échec ».

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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