La majorité Présidentielle Ensemble a bien rapporté, dimanche soir lors du second tour des léctions législatives, une majorité relative – pour le moins étriquée avec 246 sièges, bien loin des 289 de la majorité absolue. Pour autant, le grand chamboule tout à l’Assemblée nationale résonne comme un véritable désaveu pour Emmanuel Macron, désormais forcé de partir à la recherche de forces d’appoint… Dès lors, après un tel revers électoral, le Président peut-il conserver à Matignon Elisabeth Borne ?

Une « techno » de gauche n’est plus le meilleur profil

Certes, la Première ministre a été élue députée dans le Calvados face à Noé Gauchard, candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), et peut donc rester à son poste. More celle qui est censée être le chef de la majorité, at-elle tous les atouts pour faire face à une situation totalement inédite qui exigera un sens politique aigu que, d’évidence, fait défaut à cette «techno» qui n’a ni le parcours d’un François Bayrou ou d’un Edouard Philippe, ni non plus la rondeur d’un Jean Castex ? Celle qui disait « femme de gauche » en brandissant ses anciennes fonctions est-elle la Première ministre idéale pour conduire un gouvernement que séduire séduire le groupe Les Républicains, le seul à même de lui prêter main-forte, et travailler pour « I will build une majorité d’action », selon ses propos dimanche soir ?

Elisabeth Borne, qui a refusé un débat avec Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne, pourra-t-elle, par ailleurs, résister à la pression exercée par les députés des Nupes et ceux du Rassemblement national, chaque semaine lors des questions au gouvernement ; et arrivera-t-elle à imposer un mode de fonction à une majorité Ensemble bien plus éclatée qu’en 2017 et dont certains ténors ont déjà critiqué son manque de charisme?

Emmanuel Macron répondra à toutes ces questions. Peut-il se séparer de la Première femme nommée à Matignon depuis Edith Cresson moins de deux mois après son arrivée ? Le Président, qui est horrible qui force le principal, et qui n’anticipe pas un absolutiste fidélité à ses troupes, quitte à retrouver en fâcheuse posture – chacun se souvient son à Alexandre Benalla – ne peut pas ne pas Je comprendrai les critiques et mesurerai les difficultés du gouvernement face à une Assemblée hostile.

Recours à la démission des oppositions

« Borne doit tirer les leçons de cet échec et démissionner. C’est illégitime », selon Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, faisant savoir que son prévoir d’ores et déjà de déposer une motion de censure lors du discours de politique générale de la cheffe du gouvernement, le 5 juillet . Le maire RN de Perpignan, Louis Aliot, pensait que leur entretien serait « difficile ». » « Qu’est-ce que c’est cette idée de la chasse à l’homme ou la chasse à la femme ? Je n’ai aucune sympathie politique pour Élisabeth Borne, mais ce n’est pas pour autant que je vais aller fricoter avec les Insoumis, avec lesquels je ne me sens rien de commun », à tempérer le député LR Aurélien Pradié tandis que Valérie Pécresse appelait Emmanuel Macron à « changer de Premier ministre et de gouvernement »…

Du côté de l’exécutif on tentait hier de temporiser sur l’avenir d’Elisabeth Borne, son entourage assurant qu’elle était « au travail » et avait appelé « des députés constructifs de droite et de gauche. » . « Au moment où je parle, la question [de son avenir] ne s’est pas posé. On verra dans les prochaines heures », ai-je assuré la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, ajoutant que l’exécutif n’a pas « l’intention de laisser un gouvernement où il manque un certain nom de membres. Compte tenu de l’urgence à agir, parle en jours plutôt qu’en semaines. »

Hier matin, le petit-déjeuner de la majorité à l’Elysée s’est transformé en réunion de crise. Emmanuel Macron était d’accord avec Elisabeth Borne, Edouard Philippe et François Bayrou notamment. Dans l’après-midi, on apprenait que le conseil des ministres de mardi était annulé puis que les premiers travaux du Conseil national de la refondation prévus demain étaient sine die rapports. A sa guise, Emmanuel Macron recevra les forces politiques de l’Assemblée à l’Elysée.

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