l’essentiel
Avec leurs partenaires du CNRS et du laboratoire toulousain TRACES, les archéologues et géologues du Botswana recherchent les plus anciens fossiles de l’humanité sur leurs terres d’Afrique australe. Les préhistoriens d’Occitanie les ont accueillis pour une semaine d’échanges scientifiques et leur ont fait découvrir les principales grottes ornées de la région alinsi que le travail des équipes du Museum de Toulouse.

Au Musée de Toulouse, il y a la richesse visible. Surgi des temps disparus, l’impressionnant ptérosaure survole ainsi l’éléphant, dès le hall où vous accueille le sourire du paléontologue Francis Duranthon, patron des lieux… Mais il y a aussi le trésor cache: ces réserves d’une institution recensant «2, 5 millions de spécimens », rapporte le conservateur Alexandre Mille. Du labo de taxidermie, où l’on ressuscite un squelette en l’image vivante d’un oiseau… jusqu’au sous-sol où les fossiles sont entreposés dans des salles sécurisées, le responsable des collections et de la conservacion guide la visite de Stephen Mogotsi et de son équipe du National Museum du Botswana, ce mercredi.

Développement local, ici et ailleurs

Os, crânes, vertèbres… Déjà 17 millions d’années, l’ancêtre de l’éléphant a vécu dans une Gascogne à la jungle tropicale raconte alors ce fossile de Deinothérium trouvé à Montréal-du-Gers. Tandis que beaucoup plus près de nous, l’homme moderne – sorti d’Afrique vers -80 000 – a peint ces galets pyrénéens du Mas d’Azil, déjà vieux de 10 000 ans. Seulement voilà… entre les deux, il ya bien sur eu aussi les premiers hominidés, nés en Afrique australe il y a près de 4 millions d’années, ancêtres de l’humanité dont le sol du Botswana conserve selon toute probabilité des traces remnant to découvrez le côté des grottes de Gewihaba. Ce faisan ? Du Museum de Toulouse au Museum de Gaborone — capitale d’un pays peuplé de 2,3 millions d’habitants pour un territoire plus grand que la France-c’est alors un universo commun que rassemble des chercheurs européens et africains, au fil des questions : celui qui dessine une seule planète pour une même humanité dont le passé partagé se doit d’éclairer le présent et le futur. Philosophiquement, éthiquement mais sans mépriser non plus les nécessités du quotidien…
« Nous avons visité le Mas d’Azil lundi. La richesse de la paléontologie, des fossiles et tout le travail fait dessus, la conservation des objets, tout cela est une source d’inspiration pour nous comme le développement que permet l’archéologie à travers le tourisme », sourit ainsi Oaitsé Ledimo, responsable botswanais du département de géologie, vaut également l’importance du « développement des méthodes scientifiques » pour l’avenir de son pays. Le sujet au coeur de leur visita, grâce à cette semaine organisée par le CNRS et le laboratoire toulousain TRACES (Travaux et recherches archéologiques sur les cultures et les sociétés) impliqués après 2016 dans « Human Origin », projet imposant un petit retour en arrière. .. Pour bien saisir les enjeux.

Petit pied pour l’homme, grand saut pour l’humanité

En 2014 et 2015, les publications scientifiques sur les fossiles d’un hominidé surnommé « Little Foot » – Petit-Pied- bouleversent la connaissance qu’ils avaient jusqu’ici des origines de l’homme. Découvert en 1974 dans le nord-est de l’Afrique, en Ethiopie, le célèbre australopithèque Lucy n’est plus l’unique aïeule avec ses 3,18 millions d’années. 500 000 ans avant elle, Little Foot march déjà débout, en Afrique australe, 6 000 km au sud-ouest… Saut considérable dans l’espace et le temps, donc pour ce petit pied déchirant soudain la carte d’une humanité qui se désactive jusque- là née sur le grand rift est-africain.

Laurent Bruxelles
DDM/PC – Pierre Challier

Or cette découverte… Ce sont notamment les travaux du géomorphologue et géoarchéologue Laurent Bruxelles (Inrap/CNRS) qui l’ont rendu possible. J’ai suivi une formation à Montpellier, en tant que spécialiste des pierres calcaires massives à multiples cavités créées par l’eau, les karsts, et cela a été sollicité en 2006 par la République sud-africaine pour aider à dater Little Foot et pouvoir montrer que les lits sédimentaires Ces fossiles étaient beaucoup plus anciens qu’initialement estimé, ce qui a confirmé la datation cosmogénique. Plus historien des paysages, il connaît les sols. Et il est également convaincu que d’autres karsts d’Afrique australe ont piégé dans leurs sédiments d’autres fossiles d’hominidés. Détaché auprès de l’université du Witwatersrand à Johannesbourg en 2016, le lancer dans le cadre du laboratoire TRACES le projet Human Origins et part explorer en Namibie de possibles gisements avec Francis Duranthon, confrère paléontologue du CNRS Jean-Baptiste Fourvel, l’archéologue Marc Jarry et le géoarchéologue Grégory Dandurant. Quelques missions plus tard ?

Stephen Mogotsi

Stephen Mogotsi
DDM/PC – Pierre Challier

« Le CNRS a lancé le plan Afrique. Le Botswana est un partenaire après l’année dernière et il est motivé par Human Origins. Notre première mission a été immédiatement validée par les autorités, avec la mise à disposition de personnel et de matériel, avec qui nous aussi permis de la faire de la formation sur le terrain. L’enthousiasme est palpable », déclare Laurent Bruxelles. « Pour nous, cet échange d’idées, ce travail commun, est une grande opportunité et le début d’une grande venture car il reste tellement de choses à découvrir », confirme Stephen Mogotsi. « À découvrir et à faire connaître », reprond-il, car « la recherche ne vaut que si le est partagée et diffusée auprès du public », souligne-t-il. Sans éluder l’autre intérêt majeur pour son pays : la notoriété archéologique à venir d’un Botswana incontournable dans l’histoire de l’humanité et… de ses dividendes pour l’économie locale, grâce à l’archéologie, ainsi qu’ il a pu le vérifier avec son équipe en Occitanie, au Mas comme à Pech-Merle ou Niaux.

« Fouiller, trouver, étudier, privilégier et presenter : c’est un tout. Car il faut aussi se poser la question du bénéfice pour les gens. Nous, au Botswana, nous voulons les éduquer sur la richesse de leur patrimoine afin qu’ils Mais aussi parce que ce patrimoine pourra améliorer leur quotidien en fonction des activités pour eux. » conclu-il.

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