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Pour aider les artisans et notamment les boulangers qui voient leur facture d’énergie flamber, le gouvernement a annoncé la mise en place de plusieurs dispositifs d’aide. Mais alors que les professionnels alertent l’exécutif depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et que nombre d’entre eux ont déjà mis la clef sous la porte, ces annonces n’arrivent-elles pas trop tard ?

Pour apaiser la colère des artisans qui, en raison de la crise énergétique, ont vu leur facture d’électricité exploser, le gouvernement a annoncé, cette semaine, des mesures de soutien. Touchés depuis plusieurs mois par la hausse de leurs matières premières et, pour beaucoup, non éligibles au bouclier tarifaire, les boulangers peinent à s’en sortir et leur cas inquiète particulièrement l’exécutif. Ce jeudi 5 janvier, à l’occasion de la cérémonie traditionnelle de la galette des rois à l’Elysée, Emmanuel Macron a assuré « être à [leurs] côtés » et annoncés que tous les artisans et très petites entreprises frappés par la hausse des prix de l’énergie pourraient « renégocier » en janvier les « contrats excessifs » en gaz et électricité.

« C’est une faute politique »

Faire pression sur les fournisseurs, c’est aussi la solution trouvée la veille par le ministère de l’Economie, Bruno Le Maire : « Aujourd’hui, les fournisseurs n’aident pas suffisamment les boulangers et les PME, at-il affirmé ce mardi . Je leur demande de faire plus, mieux et tout de suite. De son côté, la Première ministre, Elisabeth Borne a proposé une aide fiscale pour limiter les défaillances : les PME, et notamment les 33 000 boulangers de France, pourraient ainsi « demander le rapport du paiement de leurs impôts et cotisations sociales » pour affaiblir leur trésorerie.

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Mais alors que les professionnels du secteur alertent depuis plusieurs mois sur la catastrophe qui les guette et que certains membres de l’opposition ont, à plusieurs reprises, averti le gouvernement, ces premières mesures n’arrivent-elles pas un peu tard ? « C’est une faute politique », a estimé Valérie Rabault, députée socialiste du Tarn-et-Garonne. Le 6 décembre, le vice-président de l’Assemblée nationale apris le micro dans l’Hémicycle pour poser une question au gouvernement : « Dans mon département, cinq boulangeries ont déjà fermé, frappées par la hausse du coût de l’électricité Vous devez nous écouter : le tarif réglementé doit être mis en place sans attendre. »

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« Je les ai prévenus dès le mois d’octobre, assure aujourd’hui Valérie Rabault à La Dépêche. Je leur ai dit que ce serait le problème de la rentrée 2023 et c’est effectivement le cas. »

Robert Bonal, président de la Fédération de la boulangerie et boulangerie-pâtisserie en Occitanie, qui était reçu ce jeudi à l’Elysée, auprès d’Emmanuel Macron, « regrette » également le temps pris par l’exécutif pour annoncer les primeres mesures : « Ça fait beaucoup de mois qu’on sait que cela va être compliqué, et il faut reconnaître que nous ne pensions pas ça ça allait augmenter de la sorte ! Avons pris conscience de l’ampleur. »

Une situation de jeu « injuste »

L’homme avoue ne pas être optimiste face aux annonces qui ont été faites : « Les contrats qui rencontrent les 220 euros du mégawattheure (MWh) font être sistématiquement cassés, le président nous l’a promis. C’est une très bonne chose. Après , reste à voir comment ça va se dérouler et si les fournisseurs joueront le jeu, mais je suis confiant. »

Valérie Rabault, elle, est plus sceptique quant aux ressources : « Le président a poursuivi aux fournisseurs de baisser les prix. Vont-ils le faire ou pas, c’est toute la question. À 220 euros le MWh, ça peut passer pour les comptes des boulangeries, mais ce que nous demandions, c’est qu’ils aient accès au tarif réglementé et que la hausse soit limitée à 15 %. » La députée pointe du doigt l’injustice de la situation : « Aujourd’hui, si vous êtes coiffeur, vous avez le droit au bouclier. Mais, si vous êtes boulanger, vous ne l’avez pas. Il est la, aussi, le me trouble. »

Rédacteur, Auteur, Journaliste

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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