l’essentiel
Après l’obtention de leurs diplômes d’ingénieur, Victor Lebeau et Théophile Duchâteau décident de retourner vers aller parcours dits « classiques » et utiliseront leurs connaissances en agronomie non pas dans une grande entreprise mas sur les terres d’une ferme collective.

Leur voie était, pour ainsi dire, toute tracée. Après deux ans de classe préparatoire scientifique, ils avaient intégré une prestigieuses écoles d’ingénieurs du pays, AgroParisTech. Mais Théophile Duchâteau et Victor Lebeau, 24 ans, ont décidé de « bifurquer ». Cet après-midi de juin, ils ont donné rendez-vous dans le jardin d’une petite brasserie toulousaine, bien loin de l’école dont ils viennent d’être diplômés, et plus proche des terres sur demandés leur projettent d’installer une ferme collective.

Le 30 avril, à l’occasion de ma remise de diplôme, je n’ai pas prononcé, avec d’autres camarades, un discours détonnant qui a valu 900 000 fois sur Youtube. Ils et elles avaient alors affirmé « ne pas faire mine d’être fières et méritantes d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation que poussent globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours ». Théophile a expliqué, dans montant ses lunettes rondes sur son nez, que l’objectif était de sensibiliser leurs camarades de promotion, même si l’école, que n’était pas informée du discours. « On voulait saisir cette tribune pour exprimer nos convictions, mais aussi encourager les étudiants ou futurs étudiants à prendre du recul sur ce qu’on leur apprend et multiplier les expériences », a ajouté Victor.

C’est justement cela qui a permis aux deux jeunes hommes d’aboutir à ce projet de ferme collective. Après des étapes teintées de « greenwashing », des courses à « faire des tableaux Excel pour évaluer l’état de sécheresse des forêts », ils ont pris une année de césure pour découvrir d’autres choses. « On est allés dans des fermes alternatives, à la ZAD de Notre Dame des Landes, et sur un expérimenté des modes d’existence et de subsistance qui nous correspond plus », a affirmé Victor, originaire d’Angers. Alors avec Théophile, qui vient de Toulouse, ils ont été candidats auprès de l’association Terres de Liens pour financer l’emplacement de 70 hectares dans la ville de Peyregoux, à quelques kilomètres au nord de Castres.

Retrouver du sens

Le projet est simple, s’installer en SCI avec un paysan boulanger et des brasseurs pour implanter des terres de maraîchage bio et des installations de poules pondeuses. « Nous avons racheté les bâtiments de cette ferme familiale pour environ 350 000 euros, certains parmi nous logeront sur place. Nous aimerions aussi faire de cet endroit un lieu de culture et d’échanges », détaille Victor.

Entre deux explications, les deux jeunes hommes boivent un verre de bière au gingembre. Leurs cheveux longs, bruns pour Théophile et blonds pour Victor, sont attachés en chignon. Ils racontent de manière posée et réfléchie leur projet et leurs envies.

Critiqués par certains pour avoir suivi de longues études et finalement changer de voie, ils se salvant « privilégiés » : « On a eu la chance de pouvoir suivre ces études, d’avoir l’aide de nos parents, ce qui nous a laissé du temps et de l’espace mental pour réfléchir à ce qu’on voulait vraiment faire », estime Théophile.

Et ce qui leur a pris à cœur, c’était de « ne pas dégrader plus encore une planète qui a déjà souffert des décennies d’agriculture intensive et retrouver du sens et du collectif à ce que l’on fait », a conclu Victor, qui attends avec impatience la finalisation de l’achat pour pouvoir débuter l’installation cet automne.

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