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De Toulouse à la région parisienne en passant par des villes moyennes, le phénomène des rodéos urbains ne s’arrête pas. Depuis décembre 2018, alors que les sanctions en cas d’infractions se sont considérablement durcies, les supporters continuent de défendre les forces du monde et d’agacer les riverains.

Des pneus qui crissent sur le bitume, des scooters cabrés qui dévalent bruyamment une avenue, des motos que font la course sur un boulevard à grande vitesse, plus aussi des courses entre voitures sur des artères quasi-privatisées. Les rodéos urbains durent après les débuts des années 80 en France, non plus seulement dans des grands ensembles des métropoles mais aussi dans de nombreuses villes moyennes. S’ils véhiculent pour leurs pratiquants la passion de la mécanique voire une culture urbaine – qu’un film qui sort en septembre va prochainement mettre en avant – les rodéos n’en reste pas moins illégaux et dangereux, tant pour ceux qui s’y Adonnent que pour les riverains qui, pour une large part, les subissent. Comment lutter contre ces rodéos, peut-on vraiment les poser des questions qui se sont imposées aux autorités et qui s’alignent toujours autant du casse-tête en dépit de l’évolution de la législation.

Une loi anti-rodéos en 2018

En 2018, la loi « renforcer la lutte contre les rodéos motorisés » a fait de ceux-ci – quel que soit leur type entre acrobates ou parcours en scooter, moto ou voiture – un délit passible d’un an de prison et de 15 000 € d’amender. Des peines doublées si vous les entourez sont commises en réunion ; triple si l’auteur est sous l’emprise de la drogue ou de l’alcool, ou s’il na pas es permis de conduire ; et quintuplées s’il cumule deux de ces circonstances aggravantes.

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La justice peut également prendre en charge les peignes complémentaires tels que la confiscation automatique du véhicule, la suspension du permis de conduire ou leur annulation, l’obligation d’effectuer une étape de sensibilisation à la sécurité routière ou encore des heures de travail d’intérêt général (TIG). Quant aux organisateurs de rodéo, ils encouragent deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Ces sanctions qui n’ont cependant pas eu suffisamment d’effet, le nombre d’infractions étant à la hausse. « Plus de 39.051 interventions sur ceux-ci réalisées après et 3.596 infractions révélées » indiquait le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en mai 2020. de rodéos avait augmenté de 15%.

Des chiffres impressionnants

Trois ans après la promulgation de la loi anti-rodéos, la commission des lois de l’nationale avait créé une mission d’Assemblée de ce texte le 4 mai 2021. En septembre 2021, les députés Natalia Pouzyreff (LREM) et Robin Reda (LR, aujourd’hui LREM) comptabilisaient en zone gendarmerie « 871 délits en 2020 pour 15 143 interventions », soit une augmentation respective de 48 et 58 % pour le rapport aux données de 2019 ; et en zone police : 9 607 interventions réalisées en 2020, soit une hausse de 30 %.

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« Les chiffres sont impressionnants, et c’est normal suite à la création d’un nouveau délit, mais cela reste relativement maigre au regard de tout ce qui peut se passer sur le territoire national », avait analysé Robin Reda tandis que sa conférencière expliquait que « Ce qui est le plus dissuasif, c’est la confiscation » des engins, prévu par cette loi. De plus leur nom est « insuffisant », pointaient les parlementaires, car « on se heurte au droit de propriété et lorsque le conducteur n’est pas le propriétaire, il a déjà parfois des difficultés à saisir le véhicule ».

Surveillance pour drones ?

Les deux députés émettaient aussi des propositions pour renforcer la lutte contre les rodéos : éprouver des « caméras aéroportées », c’est-à-dire des drones, comme « une alternative efficace à la poursuite des délinquants ». Car policiers and gendarmes on pour consignes – contrairement à leurs collègues britanniques – de ne pas aller au contact et de n’engager une poursuite qu’en cas de « serious delits », pour des auteurs « susceptibles de mettre en danger la vie d’autrui », et de privilégier les interpellations « différées », notamment en relevant la placa d’immatriculation. «Ces consignes simplifiées, en pratique, à une interdiction quasi systématique de poursuivre les auteurs de rodéos motorisés», explique le rapport, révélant les propos des syndicats de policiers.

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L’utilisation de drones par la police – une idée approuvée par certains maires comme Damien Allouch, maire PS d’Épinay-Sous-Sénart (Essonne) – est dans tous les cas possible après que le Conseil constitutionnel a validé l’article 15 de la loi sur la responsabilité pénale et la sécurité intérieure. Plus l’utilisation de drones, interdit aux polices municipales est très encadré et ne peut se faire que sous l’autorité et le contrôle d’un magistrat.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, n’a pas compris dans tous les cas de relâcher la pression sur les supporters de rodéos. Le 21 mai, les accusés sont « premier déplacement du quinquennat » auprès de policiers de Mons-en-Barœul « engagés dans la lutte contra les rodéos urbains… »

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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