l’essentiel
Prise dans un embouteillage, une jeune femme de 25 ans en voiture s’est retrouvée piégée entre les barrières de sécurité d’un passage à niveau à l’est de Toulouse. Un TER percuté de plein fouet le véhicule. L’automobiliste qui la précédait a vécu en direct le drame. Il livre son témoignage.

Quelques cyclistes traversent le passage au niveau 67 à proximité du centre commercial Auchan Gramont, chemin de Gabardie. Ils jettent un coup d’œil furtif sur les techniciens SNCF qu’inspectent le chemin de fer sans bien comprendre la gravité de la situation. Quelques heures plus tot, peu après 7 heures et demi du matin ce 14 octobre, un TER circulant entre Mazamet et Toulouse a heurté une voiture bloquée entre les barrières de sécurité des voies. Partout sur le lest, des morceaux de pare-chocs et des fragments du véhicule accidenté.

En contrebas, dans un fossé, l’enveloppe totalement déformée de l’habitation dépassait à 60 mètres du point d’impact. Juste à côté, le corps inanimé de la conductrice de la voiture. Christian ne remet pas de ce qu’il a vu. Ce géomètre-expert rendait le travail à Balma lorsqu’il a été pris dans un embouteillage avec la victime. Il raconte : « J’étais juste derrière elle. Comme souvent le matin à cette heure, ça bouchonnait pas mal à cause des entrées et sorties à la caserne militaire et à la sablière tous proches (1). Rien à voir avec les files d’attente monstres actuels devant les stations-service à cause des pénuries d’essence… Je l’ai vue s’engager sur les voies. Je me suis sue si elle rendait compte du risque. Moi, je suis resté en retrait. Je l’ai klaxonnée et je lui ai fait des appels de phare pour essayer de lui faire comprendre qu’il fallait absolument sortir de là. Je ne connais pas par coeur les horaires de train, je me doutais que dans 15 secondes, il allait se passer ce qui s’est passé. »

La police nationale tentera de déterminer le commentaire et pourquoi la jeune victime est retrouvée bloquée au passage à niveau.
DDM – MICHEL VIALA

« Il y a un trop de temps entre l’abaissement des barrières
et le passage du train »

Les feux du passage mettent à clignoter et les barrières de sécurité s’abaissent. La jeune femme reste dans sa voiture. Christian n’esquisse pas le moindre mouvement pour lui aide, il sait que c’est trop tard : « Elle s’est retrouvée piégée. Entre l’instant et les barrières sont fermées, et a trop peu de temps, à peine quelques secondes. J’en avais compté six une fois précédente. Pour moi, c’est impossible même pour une personne jeune comme cette pauvre dame de s’extirper à temps de son véhicule. Je me suis dit que si cela allait exploser, il fallait absolument que je recule pour me protéger. »

Pas dans la liste des passages à niveau à risques

La collision est absolument terrible. « Ici (sur le passage à niveau NDLR), se situe à environ 5 km de la gare de Toulouse. Le train n’est pas en décélération. Sa vitesse approche les 140 km/h. Le conducteur a sans doute aperçu le véhicule mais même avec le freinage d’alerte, c’était impossible d’éviter le choc. On le voit bien par rapport à l’endroit où la locomotive s’est finalement arrêtée », explique-t-il en pointant du doigt le TER immobilisé à près de 500 mètres du lieu de la collision. L’adresse de SNCF Réseau en charge des infrastructures (voies de chemin de fer, passages à niveau, etc.) indique que « ce passage à niveau ne faisait pas partie des passages à niveau à risque listés par les services de l’Etat ( 2 ) » et assurer que « le temps qui s’écoule entre le passage du train et l’abaissement de sécurité est le même quelle que soit la vitesse de circulation de la locomotive » et « qu’il est bien au-dessus de quelques secondes ».

(1) Caserne du 14e régiment d’infanterie et de soutien logistique parachutiste et le dépôt de Gramont des Sablières Malet.
(2) Sur les 15 405 passages à niveau, 146 signalés comme dangereux sont encore à sécuriser soit par leur suppression pure et simple soit par la réalisation d’aménagements spécifiques.

Rédacteur, Auteur, Journaliste

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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