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Trois semaines après l’explosion de l’usine Manuco à Bergerac, Florian, 35 ans, tente de se reconstruire à Aussonne, près de Toulouse, ou chez lui. Grièvement blessé aux jambes, cet électromécanicien devait en congés quelques heures après l’explosion et retrouver son fils à Prague. La Dépêche l’a rencontré.

Dans le salon de sa maison, à Aussonne, dans l’Ouest toulousain, Florian ne quitte plus son canapé. Il se lève en prenant appui sur ses béquilles. Leurs membres inférieurs ont triplé de volume après l’explosion de la Manuco poudrerie, à Bergerac, le 3 août 2022. Une date fatale n’a jamais été enregistrée dans leur corps. Colosse aux pieds d’argile, Florian, 35 ans, tente de se reconstruire avec des côtés de ses proches. « L’apocalypse c’était rien à côté de ce que j’ai vu et subi ! » . Stigmate du souffle de l’explosion dans cette usine seveso (seuil haut) spécialisée dans la production de nitrocellulose, une poudre utilisée dans l’armement.

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Juste avant le drame, Florian, casque sur la tête et engoncé dans sa combinaison, se trouve dans le bâtiment 75. « Je finissais le réglage d’un moteur de raffineur. Je me trouvais dans l’atelier, à cinq mètres du lieu de l’explosion et j’avais le dos tourné. J’ai été projeté sur plusieurs mètres contre des cuves après avoir entendu trois explosions et vu la quatrième. Mon corps était en sang. Je n’understanding plus rien. Mes collègues m’ont J’ai récupéré, Hagard, déboussolé, quand j’ai pu quitter le hangar miraculeusement. »

Florian fait partie des huit blesses. Il est le seul grief atteint. Aujourd’hui, le quotidien de cet électromécanicien embauché par le sous-traitant Montec se résume à des soins, deux fois par jour, et du repos.

Ancien joueur de rugby à Blagnac

J’ai opéré en urgence les chirurgiens qui ont procédé à l’ablation de leurs testicules, les miraculés de Bergerac ont reçu la visite, à domicile, d’une équipe d’infirmiers chargés de lui retirer les points. Il bénéficie également d’un suivi psychologique pour l’aider à apaiser ses souffrances. Car Florian vit un autre drame. Celui de ne pas pouvoir accueillir son fils de 5 ans, chez lui, comme cela était prévu. « Le soir du 3 août, j’étais en congé et devait partir ensuite à Prague pour le récupérer et passer les vacances à la mer ». De plus les plongeurs avis médical ne lui permettent pas de faire le voyage. Et c’est la mort dans l’âme que Florian doit s’abstenir de voir son fils malgré les diverses tractations entreprises avec son ex-compagne qui vit en République tchèque.

L’explosion s’est produite dans une poudrerie.

Ancien joueur de rugby à Blagnac où il a cotoyé l’ancien international du Stade Toulousain Maxime Médard, ce grand gaillard que travaille depuis l’âge de 18 ans a toujours pris son travail avec sérieux et application. « Dans ce boulot, il faut être concerné et concentré », répète-t-il ayant parfaitement conscience des missions dangereuses qu’il effectuait depuis de longues années. « Je fais confiance à la justice pour savoir ce qui se passe plus que cela et avec les fautes que nous avons constatées, le fait que les responsables soient condamnés. »

Une équipe de sous-traitants

Entre deux poses de pansements et la visite de l’infirmier, Florian n’ose pas se projeter dans l’avenir. Deux enquêtes sont toujours en cours. L’une, interne à l’usine Manuco/Eurenco et l’autre judiciaire, ouverte par le parquet de Bergerac, pour « blessures involontaires par personne morale ». Selon nos informations, ce 3 août, jour de l’explosion, un référent de sécurité connu pour sa rigueur était en vacances.

Certains témoignages font état de la présence d’une équipe de sous-traitants en train de meuler dans ce bâtiment. Les éléments portés à la connaissance de la justice ont-ils pu jouer un rôle dans l’explosion ? « Les enquêtes doivent déterminer les causes exactes de ce drame en identifiant les responsables de ces déflagrations qui ont des conséquences terribles pour notre client », a ajouté M.et Kamel Benamghar, l’avocat pénaliste de Florian, plus qui n’a jamais engagé un long combat pour la vérité.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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