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Le Parlement européen a adopté l’arrêt de la commercialisation des véhicules neufs essence et diesel à partir de 2035. Objectif : Zéro émission automobile de CO2 en Europe. Une révolution s’annonce sur le marché automobile.

Haro sur les moteurs thermiques ! A partir de 2035, les véhicules neufs essence et diesel ne pourront plus être vendus sur le soleil européen. Le Parlement européen a validé le texte sur la réglementation des émissions de CO2 des ménages et des camionneurs, mis à mal par une vive opposition des députés européens de droite. L’industrie automobile à treize ans pour se préparer.

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1 – Pour quoi exactement le Parlement européen a-t-il voté ?

Le Parlement européen a approuvé la réduction à zéro des émissions des voitures neuves à partir de 2035. Il relancera une autorisation de plus que la vente de véhicules électriques neufs. Le texte a été adopté par 339 voix pour, 249 voix contre et 24 abstentions. Entre dans le cadre du plan climatique ambitieux de l’Union européenne : réduire de 15 % les émissions automobiles d’ici 2025 et de 55 % en 2030.

2 – La France devra-t-elle respecter ce calendrier ?

Des négociations vont maintenant commencer avec les États membres – y compris la France – pour finaliser un compromis. Le Parlement français devra à son tour valider l’interdicción de la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2035.

3 – Devra-t-on tous changer de voiture en 2035 ?

Pas du tout. Vous devez conserver votre véhicule actuel hors 2035. En revanche, il ne sera pas possible d’obtenir un nouveau véhicule thermique.

4 – Les ventes de voitures thermiques neuves seront-elles vraiment interdites ?

J’ai voté l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. Dès cette date, seuls des modèles électriques neufs pourront être proposés dans les concessions automobiles. Les modèles hybrides neufs et les modèles qui roulent au biocarburant seront aussi interdits à la vente. Pour autant, cette interdiction ne signifie pas tout à fait la fin du moteur thermique. « L’objectif est de mettre fin aux émissions de CO2 des véhicules et le texte dit d’utiliser tous les moyens possibles pour y arriver », explique à Ouest-France Christine Rousselle, spécialiste de la combustion des moteurs thermiques à l’Université d’Orléans. « Cela comprend les voitures électriques, à pile à combustible plus des véhicules thermiques fonctionnant, par exemple, à l’hydrogène ou à des carburants alternatifs durables, et achète des produits du recyclage. Je pensais que l’on vit une époque fantastique et qu’ il y a plein de choses à inventer pour nos ingénieurs ».

5 – Pourra-t-on toujours acheter des modèles thermiques d’occasion ?

Il sera possible de réserver un modèle essence ou diesel d’occasion à partir de 2035 et sans limite de température. Les ventes restent autorisées dans les garages automobiles et chez les particuliers. Ils pourraient rester important estment Eric Kirstetter, associé du cabinet Roland-Berger. « Les gens vont probablement s’accrocher à un véhicule à combustion par crainte des trajets du week-end ou des vacances », explique-t-il dans Sud Ouest.

6 – Les prix des voitures électriques vont-ils baisser ?

Les véhicules électriques coûtent aujourd’hui beaucoup plus cher les véhicules termiques. Pour inciter les Français à franchiser le pas, le gouvernement veut lancer la voiture électrique à moins de 100 euros par mois pour les foyers les plus modestes grâce à un mécanisme de leasing. Si on peut s’attendre à une baisse des prix avec la démocratisation de la voix électrique, la crise des semi-conducteurs et la hausse des matières premières engendrées par la guerre en Ukraine ont aujourd’hui un fort retentissement.

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7 – Et aura-t-il suffisamment de bornes de recharge électrique ?

57 732 points de recharge sont disponibles dans le public sur le territoire au 31 mars 2022, selon l’Avere, l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique. L’Occitanie en compte 5671. L’objectif national fixait initialement le statut de 100 000 bornes d’ici fin 2020. Actuellement, 862 455 véhicules électriques circulent en France, soit seulement 15 véhicules par borne de recharge. Si les 38 millions de voitures en circulation étaient des prises électriques, 18 millions de bornes accessibles au grand public seraient nécessaires, selon l’étude menée par la société de conseil Tera pour le compte de Zeplug.

8 – Les batteries électriques seront-elles plus performantes ?

L’autonomie des véhicules électriques progresse davantage et reste faisable. Les véhicules ont passé 500 km contre 200 km en 2010. Nous sommes tellement fiers de l’autonomie des modèles thermiques ! Les constructeurs et travailleurs. Tesla met sur de nouvelles cellules de batteries appelées « 4680 » tandis qu’un fabricant chinois travaille sur une batterie au graphène. Elle promettait une autonomie de 1000 km et une charge de 0% à 80% en 8 minutes. Cette capacité de bornes de recharge n’existe pas encore en Europe.

9 – Un véhicule électrique est-il moins polluant vraiment ?

Les gaz à effet de serre émis en France pour « la fabrication, l’usage, et la fin de vie d’un véhicule électrique sont actuellement deux à trois fois inférieurs à ceux des véhicules essence et diesel », selon une étude de l’ Ademe (Agence de la transition écologique). Elle ajoute : « Les impacts des véhicules électriques sur le climat et l’environnement varient selon l’origine de l’électricité utilisée ». Une autre étude de l’Ademe indique que les voitures électriques émettent aussi des particules se terminent en raison du contact entre les pneus plus gros sur un modèle électrique que sur un modèle essence ou diesel.

10 – Et aura-t-il des suppressions d’emplois ?

L’industrie automobile est un poids lourd de l’emploi en Europe. Il représente 12,6 millions de salaires, selon l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles) selon des chiffres publiés en 2021. En France, le secteur emploie 238 666 personnes, d’après le Comité des constructeurs français d’automobiles.

Renault a adapté ses usines de Douai, Maubeuge et Ruitz au véhicule électrique au cœur d’un pôle « ElectriCity ». Peugeot et Citröen, réunis au groupe Stellantis, dispatchent leurs productions entre Rennes, Sochaux, Poissy, Mulhouse ou Trémery et à l’étranger.

Les effets de l’interdiction des voitures thermiques neuves en 2035 ne sont pas encore connus. Mais toute évolution dans l’automobile a des conséquences sur l’emploi. La crise du diesel a provoqué la suppression de près de deux tiers des emplois de l’usine Bosch près de Rodez dans l’Aveyron. Luc Chatel, président de la Plateforme automobile française, redoute jusqu’à 60 000 emplois dans la filière thermique en France. Dans le même temps, de nouveaux emplois seront créés.

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