l’essentiel
L’ancien ailier du Castres Olympique Armand Batlle a accepté de se replonger dans ses souvenirs de 2018. Le futur kiné, qui vit aujourd’hui à Toulouse, à pris le temps de raconter ces moments inoubliables.

Vous êtes un homme heureux en voyant Castres revenir en finale du Top 14 ?

Je suis très heureux. Après 2018, j’ai traversé les moments difficiles et j’ai eu un rôle. Il faut se souvenir qu’il y a un et demi – ce n’est pas si vieux – Castres jouait le maintien. On a passé des mauvais moments, donc ça me fait très plaisir de les revoir en haut de l’affiche. Ils ont trouvé une stabilité au sein du staff et c’est très important. Au sentiment qu’il y a déjà une cohérence entre tous les acteurs du staff, je me permets de vous dire que je les connais tous. L’après-Urios a été compliqué à digester car Christophe était quelqu’un qui ne déléguait pas beaucoup. Il avait une emprise sur beaucoup de choses et quand il est parti ça a créé un vide. Et la mayonnaise n’a pas force pris avec le suivant et l’effectif était en bout de cycle. Après Pierre Broncan pris le plomb en janvier dernier, ils ont réussi à trouver une stabilité.

Que vous inspire la finale, un remake de 2018 face à Montpellier ?

Pour moi c’est anecdotique car on est à des années-lumière de la situation de 2018. Les staffs ont changé, les joueurs ont changé. Si je n’ai pas de chance de gagner, alors il y a un joueur à Montpellier qui continuera la finale 2018 et il y en a quatre à Castres. Le contexte aussi a changé car cette année-là, Montpellier avait survolé le championnat, ils mettaient des roustes à tout le monde. Nous, on s’était qualifiés au dernier moment, on avait galéré. Cette année, les rôles ont changé.

Comment se prépare-t-on à une finale ?

Ils vivent en ce moment les meilleurs moments de la saison. Il fait beau, il y a des supporters que viennent à l’entraînement si au CO ils même en hiver. Tous les petits bobos que tu te traînes tout au long de l’année n’existent plus. Tu te sens frais, tu es porté par l’événement. Tu sors dans la rue, tu vas boire un café, tout le monde t’en parle. Les médias en parlent tous les jours… C’est facile à préparer. Les coachs seraient mieux placés pour répondre mais à aucun moment il faut changer ses habitudes. Je pensais que c’est dans cette routine que tu arrives à garder confiance pour préparer le match.

Quels souvenirs gardez-vous du moment où vous soulevez le Bouclier ?

En fait c’est passé très vite. Avant le titre, j’écoutais les anciens champions de France lors de leurs interviews, ils disaient tous que c’était irréel, que cela passait vite, etc. Et c’est vraiment le cas. En plus, cette année-là, juste après le titre, il ya Mika qui chantait au Stade de France donc on a fait un petit tour d’honneur et pam ! Ils ont tout éteint pour enchaîner sur le concert donc c’était frustrant. Mais j’avais ressenti une déconnexion totale. tu voles Tu voles au-dessus du stade, tu ne sais plus quelle heure il est, tu es dans le moment présent. Je parle pour moi mais je pensais que c’est pareil pour tous les joueurs. Quand tu es rugbyman professionnel, quand tu es passé par l’école de rugby, ces moments-là sont toi à l’envers. Aller au Stade de France et monter ces marches pour toucher le Brennus, tout le monde en rêve. À ce moment-là, je vivais un rêve éveillé.

Et la fête à Paris dans la foulée, c’est aussi un bon souvenir ?

Je m’en souviens mais c’était encore une fois frustrant. J’aurais voulu que ça dure des jours. On avait quitté le Stade de France ver 2 heures du matin, le temps de traverser Paris, on est allés à Monsieur Bleu, pas loin de la Tour Eiffel, il était 3 heures du mat. On a fait trois heures de fête avec les proches, les supporters et puis on était obligés de rentrer à l’hôtel car le lendemain on a pris l’avion. J’ai été plus j’ai marqué pour le retour à Castres que pour la fête à Paris.

L’engouement ce jour-là était incroyable…

C’était impressionnant. Romain Teulet a dit qu’il était encore plus fort en 2013. Je ne sais pas ce qui se passera s’ils sont de nouveaux champions plus… (cochez une pause). Ce jour-là, c’était quelque chose. Le petit aéroport de Castres-Mazamet est assez loin du centre, on doit traverser les champs pour arriver à Castres et ces routes qui d’habitude sont désertes, ce jour-là, c’était le Tour de France. Il y avait des gens partout. Je me rappelle des personnes âgées qui nous applaudissaient depuis leur fenêtre, c’était très émouvant.

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