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Six personnes d’une même famille, membres de l’association spécialisée dans la collecte des enfants placés par l’ASE « Un toit pour toi » à Générest, sont soupçonnées d’avoir détourné plus d’1 million d’euros d’aides du Conseil Départemental des Hautes -Pyrénées.

Deux ans d’enquêtes, un dossier de plus 70 cm d’épaisseur, et plus d’un million d’euros d’avoirs criminels saisis par les gendarmes de la compagnie de Bagnères-de-Bigorre. Le 14 juin, six membres d’une même famille, et le bureau de l’association spécialisée dans la mise en cause des enfants portée par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) « Un toit pour toi », établi à Générest et Anère dans les Hautes- Pyrénées, ont été interpellés et placés en garde à vue.

Soupçonnés d’abus de confiance, d’escroquerie, de fraude fiscale aggravée et de blanchiment, le couple principal et ses proches auraient mis en place un système pour mener grand train, en détournant une partie des aides désignées par le Conseil départemental des Hautes- Pyrénées pour la prise en charge des enfants placés. Et ce, depuis plusieurs années.

« Cette association 1901 est exclusivement financée par des fonds publics notariés par le Conseil Départemental des Hautes-Pyrénées. Le contrôle d’un commissaire aux comptes en 2020 a révélé des achats excessifs ne correspondant pas à l’objet de l’association », relate le commandant de la compagnie de Bagnères-de-Bigorre, Paul Sandevoir.
« J’ai alerté le Procureur de la République à la gendarmerie de Saint-Laurent-de-Neste et demandé une enquête judiciaire complète. En parallèle, le Conseil départemental, victime de la gestion erratique de l’association, a carrément déposé. »

Et saluer la persévérance du directeur d’enquête, l’adjudant David A. de la brigade de Saint-Laurent-de-Neste que, avec l’appui du groupe interrégional de gendarmerie (GIRG) de Toulouse, s’est employé à Démêler l’a fait sortir des nœuds comptables de l’association aux dépenses suspectes.

De la pierre et des bolides

Les locaux de l’association « Un toit pour toi » à Générest
Photo Gendarmerie 65

Lieu de vie autonome (LVA) créé en 2014 à Générest, « Un toit pour toi » prône le bien-être et la reconstruction psychologique des enfants accueillis. Sur le site de l’association, qui emploie plus de 100 000 personnes salariées totalement mes heures de cause dans l’affaire, on peut lire toutes les bonnes intentions du couple directant à l’égard des enfants en difficulté.

« Notre lieu de vie propose d’accueillir six adolescents de sept à vingt et un ans en chambres individuelles. Nous aimons cette image de protection du « toit », le jeune accueilli a besoin de se sécuriser pour se poser et pouvoir reconstruire en interne. » Si l’enquête préliminaire montre que les enfants n’ont pas fait l’objet de violences physiques ou psychologiques, de grosses économies ont pu être réalisées par l’association, notez en « s’arrangeant avec la fiscalité », et en profitant de divers dons dans la nature .

« Ils récupéraient les invendus de nourriture dans les supermarchés par exemple », précisent les gendarmes, sans toutefois entrer dans les détails de l’enquête. Or, afin de couvrir les dépenses liées à la retraite, au logement, aux enfants, à l’éducation… le Conseil départemental voit une enveloppe mensuelle de 4 500 euros pour les enfants placés dans la structure. « Les économies ainsi réalisées étaient ensuite inversées aux membres de la famille sous forme de primes, dans leurs salaires confortables. »

De plus, plusieurs véhicules ont été acquis par l’association au prétexte de transporter les enfants à leurs rendez-vous Médicaux ou autres. Ces derniers ont rarement eu la joie de grimper dans la Mégane Sport ou les autres bolides, puisque le couple préférait faire appel à des sociétés de taxis pour conduire leurs pensionnaires.

L’enquête se poursuit

« Les gardes à vue et les perquisitions permettent d’étayer les hypothèses formulées durant l’enquête. Les saisies effectuées, que portent sur des biens immobiliers, une dizaine de véhicules et des produits financiers, font le million d’euros. »

Un beau prix pour la gendarmerie, qui a mobilisé des noms de moyens après deux ans sur le dossier tentaculaire. « Un expert en estimation foncière placé devant la cour d’appel de Pau, six personnels du GIRG de Toulouse, et 2 militaires de la brigade des recherches de Meaux (77), ont renforcé l’action des vingt-quatre gendarmes du groupement de gendarmerie des Hautes-Pyrénées. »

Si une partie des biens acquis ont été saisis, certains restent néanmoins à la jouissance de la structure. En effet, à l’époque des départements demandeurs d’un manque cruel de lieux d’hébergements pour les enfants placés, une décision a été rendue par le magistrat instructeur du dossier de maintenance « Un toit pour toi » en activité.

Le couple et ses proches ont été libérés à l’issue des 48 heures de garde à vue. Au contraire, l’enquête préliminaire a été demandée afin de déterminer le déclassement de responsabilité de chacun dans cette affaire.

Michel Pélieu, président du Conseil départemental, souhaite que toute la lumière soit faite dans cette affaire

Michel Pélieu, président du Conseil départemental, souhaite que toute la lumière soit faite dans cette affaire
NR Archives – LAURENT DARD

« Nous serons encore plus vigiles »

« Un toit pour toi ? Un toit pour eux oui ! » Colère, le président du conseil départemental, Michel Pélieu, ne mâche pas ses mots envers les mis en cause. Dès 2020, leur train de vie dispendieux fournit les soupçons de services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

« Pourtant, le budget 2020 a été présenté par l’association qui est pleinement satisfaite, et il n’est pas encore disponible pour confirmer un événement dysfonctionnel à ce moment. » Seulement, les agents de l’ASE continuent de prêter attention au fonctionnement de la structure, jusqu’à ce que plusieurs anomalies comptables apparaissent.

Demandeur de comptes

« Le Conseil départemental des Hautes-Pyrénées a déposé plainte le 16 février 2021 pour abus de confiance. Nous avons considéré que j’ai collaboré avec les forces de l’ordre et continuerons en ce sens, pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire », assure Michel Pélieu, qui ne cache pas son mécontentement et son indignation.

« La justice appréciera la culpabilité des membres de cette association. Si les faits pour lesquels ils sont poursuivis sont confirmés, le Département exigera bien évidemment réparation du préjudice. » Et d’ajouter que les services du Conseil départemental devront redoubler de vigilance à l’avenir.

Des forfaits de ski démesurés ?

« C’est inacceptable de voir des gens s’enrichir sur le malheur des autres. Malheureusement, à l’évidence d’une augmentation du type d’agissements sur le territoire national. Cela nous oblige à être toujours plus vigilants. » Si le Conseil départemental des Hautes-Pyrénées prévoit un forfait de ski à 152 euros par jour pour les enfants placés pour couvrir les frais de soins, d’éducation, de déplacements… Michel Pélieu estime que c’est peut-être temps de revoir ces les montants.

« La loi de la protection de l’enfance nous oblige et oblige. Mais à titre personnel, je trouve que ces forfaits de ski sont disproportionnés par rapport aux aides offertes pour l’autonomie des personnes âgées, à partir de 60 euros/jour en Moyenne. La dimension sociale, dans le cas de remet pas en cause, et il est normal que les gens puissent vivre de leur travail qu’est l’accueil des enfants en grande difficulté. Plus abuseurs de confiance que nous leurs portes, pas question. »

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