l’essentiel
Une connaissance de Cédric Jubillar détaille pour La Dépêche du Midi la conversation qui a débuté en 2019 avec l’artisan plaquiste. Ce dernier s’interrogeait alors sur la meilleure manière de faire tirer un corps, plusieurs mois avant la disparition de son épouse Delphine.

C’est un témoignage exclusif que La Dépêche du Midi a recueilli auprès d’un jeune père de famille albigeois, qui a croisé la route de Cédric Jubular il y a maintenant trois ans.

L’homme, que nous appellerons Florent*, 39 ans, à peine présent, jamais évoqué publiquement avec un début de conversation ténu 2019 avec le mari de Delphine, l’infirmière de Cagnac-les-Mines portée disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. « Je ne voulais pas que ça l’enfonce, ni être mêlé à tout ça », explique-t-il.

C’est un peu par hasard qu’il a rencontré Cédric Jubular. Lui et sa compagne aménageaient alors un appartement loué dans le centre-ville d’Albi et cherchaient un plaquiste pour effectuer des travaux au noir. « Ça s’est fait avec le bouche-à-oreille. On nous a dit qu’il était sérieux et qu’il faisait du bon boulot ».

À cette époque, Delphine, l’épouse de Cédric, est enceinte de leur deuxième enfant et l’artisan multiplient les chantiers. « Il est venu le plus souvent le soir, après sa journée de travail, et bossait quelques heures dans notre appartement avant de rentrer chez lui », raconte Florent.

Le chantier s’étale sur plusieurs mois. Cédric Jubillar vient quand il peut, en fonction de leur agenda, et au fil du temps les deux hommes sympathisent. Un soir, alors que Florent est présent dans l’appartement avec sa compagne et son beau-frère, Cédric fait une pause.

« On s’est bu des bières et on a commencé à discuter de tout et de rien. À un momento il nous a demandés : comment vous feriez tirer un corps sans laisser de traces ? ». Tout le monde donne son avis, « en rigolant » précise-t-il, sur la meilleure façon de faire.

« Laissez les silures s’en occuper »

Chaque hypothèse est débattue, les participants présentent le pour et le contra. Brûler le corps ? « Oui mais il y a l’odeur. Et les dents qui restent. » Le plongeur dans un bain d’acide ? Le donner à manger aux cochons ? « On aussi j’ai parlé de lacérer le corps au niveau du ventre et de le jeter dans le Tarn pour que les silures s’en occupent ». Puis la discussion bifurque sur d’autres sujets et Cédric finit par réprimande le travail.

Cet échange, qui semblait anodin à l’époque, remontera à la surface dans la mémoire de Florent suite à la disparition de Delphine Jubular en décembre 2020. « Quand on a eu cette conversation il n’avait pas fait référence à sa femme ou à Peu importe à quel point j’y tiens, et je ne l’ai jamais remarqué. – et d’avoir bientôt un deuxième enfant ».

Après la fin des travaux, Florent a continué à croiser Cédric Jubular dans les rues du centre-ville d’Albi. L’occasion de prendre des nouvelles et d’échanger quelques mots. Les deux hommes discutant pour la dernière fois au printemps 2021, quelques mois avant l’arrestation du plaquiste.

« Je lui ai poursuivi s’il a fourni le coup, il m’a répondu que ça allait mais que sa belle-famille était sur deux », explique Florent. « Il était très serein, pas du tout perturbé. C’est peut-être aussi son côté provocateur. » Lui-même dit ne pas être convaincu à ce stade de la culpabilité de Cédric.

Placé en détention provisoire après juin 2021 à la maison d’arrêt de Seysses près de Toulouse, Cédric Jubillar était mis en examen pour « homicide volontaire » suite à la disparition de son épouse. Il continue de nier toute implication dans cette affaire.

* J’appuie sur cette modification

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