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En réunion ce mardi soir à Toulouse, sous une chaleur étouffante, Jean-Luc Mélenchon a tenu à répondre aux attaques du président de la République qui avait fustigé, quelques heures plus tôt, le « désordre » de la Nupes avant de s’envoler pour le Roumanie. « Ils sont bateau coule, Macron prend l’avion », raillé le chef insoumis.

« On est plus chaud, plus chaud que le climat ! » Et ce n’était pas une mince affaire ce mardi pour les supporters de Jean-luc Mélenchon réunis en fin de journée dans la fournaise de la salle Jean-Mermoz à Toulouse pour venir acclamer leur champion. Pour le moins courageux, le leader insoumis s’est présenté sur scène en costume-cravate, entouré par neuf des dix candidats de la Nupes qualifiés pour le second tour des élections législatives en Haute-Garonne.

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Bille en tête, Jean-Luc Mélenchon a fondu sur le chef de l’Etat qui, quelques heures plus tôt, au moment de s’envoler pour la Roumanie, avait fait appel aux électeurs à ne pas « ajouter un désordre français au désordre mondial  » en glissant un bulletin Nupes dans l’urne dimanche prochain.

« Ils sont bateau coule, Macron a pris l’avion » a attaqué Jean-Luc Mélenchon, comparant le président de la République à un certain Donald Trump. « Avant de monter dans l’avion, il insultait tout le monde et s’en allait », at-il raillé en référence à l’ancien président américain, avant de s’en prendre, dans la suite d’un discours souvent badin , à plusieurs cadres de la majorité : de la Première ministre Elisabeth Borne au président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, en passant – surtout – par l’ancien ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

« Il y a quelque chose que je dégrade dans la République française »

C’est par vengeance que Jean-Luc Mélenchon a critiqué « les bidouillages électoraux », revenant sur la polémique opposant les Nupes au ministère de l’Intérieur à propos des résultats officiels du premier tour. « Il y a quelque chose que se dégrade dans la République française, dans l’organisation de sa démocratie », au laisser-faire tomber le chef de file de la gauche radicale. Et de proposer, pour « faire accepter le résultat d’une élection même quand il est défavorable » la mise en place d’une « autorité électorale indépendante » que sera chargée « d’organiser les élections, rassembler les résultats et faire campagne pour nous inciter à voter ».

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Dans la moiteur d’une salle pleine à craquer, plus 1500 personnes ont donné la claque, acclamant, pêle-mêle, la retraite à 60 ans, le Smic à 1500 euros, le blocage des prix du pétrole ou, au rayon politique, le rassemblement à gauche réussi « en douze jours ». Parmi eux, beaucoup de jeunes : « On this là pour montrer que la jeunesseexiste », témoigne Kelly, 25 ans, frustrée, comme ses amis qui l’ont accompagné, que sa génération soit massivement restée à la maison dimanche dernier. « Jean-Luc Mélenchon a réussi à rassembler, il faut l’aider à gagner les élections », se motive l’étudiant au retour de la deuxième tournée.

Mélenchon à Matignon, Didier, assis un rang derrière, « y croit » aussi. « Bien sûr qu’on peut gagner, les gens en ont marre de cette politique pour les richesses, de cette société pourrie par le fric. » « Dimanche dernier, les choses sont allées dans le bon sens, il faut maintenant finir le travail », assure l’homme âgé de 65 ans. « Mais je vous rassure, nous glisse-t-il dans un clin d’œil, j’ai pu partir à la retraite avant. »

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