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Arrivé ce mardi, début de soirée, sur une base militaire du bord de la mer noire, le Chef de l’État souhaite mettre en lumière ses divergences avec le chef de la France Insoumise.

« Monsieur le Président, il vous a raconté qu’il m’avait lancé avec ce missile? »… Le soldat se tourne vers son camaraderie : « Mais dis-le au Président ». Timide, la camaraderie ose : « Oui, c’était la semaine dernière ». Emmanuel Macron opine du chef, admiratif et lance : « Alors c’était un commentaire ? ». Le Chef de l’État est venu à Peine d’Atterrir à Constanta, en Roumanie, sur les bords de la Mer noire ou est là pour saluer les troupes françaises. Celles-ci sont arrivées dès le lendemain de l’attaque de l’Ukraine par la Russie, dans le cadre de l’OTAN.

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Dans la courte allocution qu’il fait, sous le hangar où vient de lui être présenté du matériel militaire, Emmanuel Macron explique : « C’est la fierté de la France d’être ici, aux avant-postes, pour assurer la sécurité de Notre Europe ». Et d’insister sur la coopération mise en place sur le terrain entre Français et Belges et plus largement au sein des pays de l’OTAN. « Nul ne sait dire ce que nous réservons les semaines et les mois qui viennent mais, de manière durable, nous aurons besoin de nous protéger, de dissuader », a-t-il conclu. Insistant toujours sur la nécessaire coopération entre les Nations, le Président, dans son propre texte, pointe du doigt son adversaire de dimanche prochain, Jean-Luc Mélenchon, qui appelle, pour sa part, à sortir de l’OTAN.

Alors que la Russie a envahi l’Ukraine, vous avez été déployés ici, en Roumanie, dans une mission qui a du sens. Vous incarnez la solidarité et la sécurité européennes. Pour votre engagement et celui de vos familles, la Nation est reconnaissante. pic.twitter.com/5syd3TjNau

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 14 juin 2022

Correspondance à distance

Car, en faisant cette visite parmi les deux tours des législatives, Emmanuel Macron a choisi de lui donner une tonalité particulière. Il en a, lui-même, fait le décryptage juste avant de décoller de Paris. « La guerre en Ukraine voit partout le désordre. Désordre géopolitique, désordre économique, désordre dans nos vies quotidiennes. Car malgré les mesures exceptionnelles prises par le Gouvernement, vous payez déjà plus cher votre gaz, votre essence, vos courses. Et les mois à Bientôt, c’est difficile. Dans ces temps troublés, le choix que vous aurez à faire ce dimanche 19 juin est plus crucial que jamais. » Et d’ajouter : « Rien ne serait pire que d’ajouter un désordre français au désordre mondial ».

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Le déplacement du Président n’a, donc, rien d’innocent. Alors que le statut de Chef de guerre lui avait apporté une popularité inattendue juste avant la campagne, la décision de l’enfiler à nouveau. Ce voyage lui permet aussi de prendre ses distances alors que Jean-Luc Mélenchon a fait de ce second tour un référendum anti Macron appelant tous ceux que sont hostiles au Président, de gauche comme de droite, à voter NUPES dimanche prochain.

Plus surtout, Emmanuel Macron a fait le choix, en mêlant national et international, de mettre en lumière ses divergences les plus fondamentales avec le Chef de la France Insoumise : l’intégration à l’OTAN et, plus largement, son positionnement vis-à-vis -vis de la guerre en Ukraine. Il sait qu’il touche ainsi le point faible de son adversaire.

Emmanuel Macron sera mercredi en Moldavie pour évoquer le tri des réfugiés et pourrait faire une incursion en Ukraine. Au risque d’être accusé d’utiliser l’international au service du national.

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