l’essentiel
De nombreux boulangers se sont rendus à Paris, lundi 23 janvier, pour manifester contre la hausse du prix de l’énergie. Les artisans de Foix n’ont pas pu y aller mais ils se sont manifestés solidaires de pareille action.

Les boulangers de Foix ne sont pas épargnés par les hausses du prix de l’énergie. Mais, faute de temps et de communication de la part de leurs instances, ils n’ont pas participé à la manifestation parisienne, organisée par le Collectif pour la surprise des boulangers et artisans le lundi 23 janvier.
Thierry Massat, boulanger de la rue de la Faurie, aurait «aimé les rejoindre mais je manque de temps et de personnel. J’avais bien reçu l’invitation pour Paris. En revanche, pour organiser quelque chose sur Foix, je n’ai pas eu de remontées syndicales ». Il observe ce mouvement avec compréhension : « C’est rare que les boulangers font grève, c’est que ça va mal. On peut se récupérer avec une facture de 5 000 € d’électricité ».
Lui a plus de chance, ose-t-on dire. Il se sert d’un four à bois pour le pain et il utilise l’électricité pour les viennoiseries. « J’arrive donc à équilibrer mais le prix du bois à double. Et ces tarifs ne sont pas justifiés. Ma farine vient du Tarn, le beurre est local, le papier vient de Saint-Girons, et tout un double ! », dénonce l’artisan.

Passe assez nombreux…

Augustin Gutierrez se déclare, lui aussi, « solidaire des autres boulangers. C’est un métier difficile. Si vous multipliez vos énergies par quatre, que les bienfaits ne soient pas énormes, on ne travaille pas pour la gloire ». Quant à un mouvement dans le département, il n’y croit pas. «J’ai su très tard qu’il y avait une manifestation, mais je ne pouvais pas y aller. Il y a quelques années, on s’était regroupés. Mais actuellement, on est une centaine en Ariège, on n’est pas assez nombreux pour un mouvement d’envergure », commente-t-il.
Pour l’instant, l’artisan ne ressent pas la hausse du prix des énergies, méfiant, cet été, il a pris des mesures. « En juillet, j’ai vu que ça commençait à monter, alors j’ai regroupé les contrats gaz et électricité. Les prix sont bloqués jusqu’en 2024», indique-t-il.
À l’enseigne Au fourcat, Jean-François Puech n’était pas au courant de la manifestation, la tête trop occupée dans les comptes et les sacs de farine. «Je n’en ai pas eu d’échos, je ne savais pas qu’il y avait cette journée. Mais je suis tout à fait d’accord avec les protestants. Je suis arrivé à 5 ans, la facture d’électricité a triplé ! On ne peut pas continuer comme ça. On travaille parce qu’il faut travailler heures, je fais 18 par jour », explique-t-il, dépité.

… Ou évitez les motivations

Au regard des dernières annonces du gouvernement, il est chargé de demander les aides auxquelles il a droit. Sans se montrer très confiant sur son avenir : « Je ne peux pas licencier ma vendeuse, je n’en ai qu’une et je ne peux pas tout faire ».
Aux Délices gourmands, David Jacquart fait exception à la règle. Ses factures d’électricité ont… baissé. Non pas qu’il bénéficie d’avantages, il a simplement renovélé quelques équipements, par nécessité. « J’ai changé un moteur vieux de 40 ans, qui tournait en continu. Et j’ai pu rester chez EDF en heures creuses et en heures plenes. En septembre, j’ai même été remboursé, j’ai halluciné ». Le professionnel préfère rester prudent et assister au règlement de juin : « Tout dépend du prix du kilowattheure ».
Il apprécierait de voir les artisans de Foix tous réunis : « Je sais que c’est complice de trouver du temps libre. Le mondi, c’est mon seul jour pour manifester mais je fais les papiers. Ce serait bien que l’on communique plus entre commerçants. C’est toujours complice pour les dates. Le jour où on sera tous ensemble, ce sera un grand pas pour la ville de Foix ».

« Je ne suis pas pour les manifestations »

La revendication parisienne de lundi a été portée par un collectif d’artisans issus de l’Hexagone, sans relève des syndicats. Comment se positionne alors le Syndicat ariégois des boulangers et des pâtissiers (U2P) face à un tel mouvement? « On n’a pas fait de publicité pour la manifestation. C’était un événement national, il y avait déjà le maximum de fait. Je ne suis pas pour les manifestations. Je n’aime pas le fait de bloquer la rue et de faire perdre de l’argent à d’autres commerçants », annonce Anthony Parolin-Maurette, président de l’instance ariégeoise.

Le principal, selon lui, « c’est d’être dans le ministère (de l’économie, ndlr) pour faire avancer les choses ». Il rencontre donc fréquemment la préfète, le directeur des impôts d’Occitanie… pour réclamer « des amortisseurs » afin d’atténuer la hausse des tarifs, ainsi que la sortie du marché européen des énergies. « On est entendus mais pas écoutés ».

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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