l’essentiel
Désertés par leur jeunesse, boudés par les Français et trop souvent oubliés par la classe politique, les villages sont revenus en force sur le vant de la scène entre la crise des Gilets jaunes et la crise sanitaire du Covid-19. La qualité de vie, de nouvelles infrastructures, une activité culturelle réelle font que les Français désignent désormais les villages sous un autre œil.

On a dit dépassés, ringards, étouffants, isolés, passéistes par rapport aux villes et grandes métropoles censées désigner l’avenir, la modernité mondiale, l’emploi. Et pourtant, les villages de France n’ont pas dit leur dernier mot. Ces dernières années, deux événements majeurs sont venus rappeler leur existence de façon spectaculaire. La première est la crise des Gilets Jaunes fin 2018. Si elle est morte dans un mouvement social revendiquant des noms et des bêtises, ils sont point de départ, sur les ronds points, c’est bien un cri du cor et de détresse des habitants des zones rurales qui Il a été estimé que 31% de la population vit dans une commune de moins de 3 500 habitants.

L’impact du Covid-19

Le deuxième événement majeur a été la crise sanitaire du Covid-19 et ses confinements qui a ouvert les yeux des Français : oui, une autre vie qu’en ville dans de petits appartements est possible. Des milliers de villages, marqués ces dernières décennies par l’exode rural, sont là et proposent une vie différente, très éloignée des villages d’autrefois. Le dynamisme des villages, porté par une kyrielle d’associations et des élus locaux que se donne sans compter, mais aussi par des entrepreneurs que font le par de s’y implanter est bien réel.

« L’idée d’abandon des villages n’est plus d’actualité et un rattrapage indispensable de l’écart territorial entre ville et campagne est nécessaire. Ce confinement ne va pas faire que réactiver l’idée qu’au fond, l’horizon rural, c’est là l’on vit le mieux, à hauteur d’humanité. Il est un espace d’expérience (humain), pour citer Paul Ricœur. Je crois qu’à la faveur de ce confinement, on va retrouver l’idée que le village a toujours été l’endroit où l’on a cherché, où l’on peut trouver des lieux humains, où l’on vient au monde . On a vu l’image de l’agriculteur de souche changer très vite au fil de ces dernières années. Encore plus avec le confinement. De pollueur, il est devenu le père nourricier que va nous sortir de la malbouffe et peut-être même devenir l’expérimentateur social, l’agent de notre sécurité alimentaire », résume dans La Gazette des communes de mai 2020 l’historien Jean- Pierre Rioux.

Et de fait, on a vu émerger ces deux dernières années des désireux néoruraux de s’installer à la campagne, ce qui suscite parfois des frictions avec les habitants quant aux «bruits» de la campagne. Plus au final, on assiste bien à une redécouverte des villages et villes moyennes qui mérite d’être accompagnée par des politiques publiques plus ambitieuses en termes d’aménagement des territoires, de développement des transports en commun, de connexion internet à trois haut débit ou d’accessibilité à la santé.

Des initiatives tous azimuts

Car les villages connus, avant ce retour de flamme, de nombreuses difficultés, coïncident dans un cercle vicieux : un départ de population entraîne des commerces qui fermentent puis des écoles et donc impossible d’attirer de nouveaux habitants. 53% des communes de moins de 3 500 habitants et débarrasse aussi de quelques commerces du quotidien…

Ce cercle vicieux n’est désormais plus automatique et on le doit à l’engagement des habitants, de leurs élus locaux, mais aussi à quelques initiatives remarquables. Comme « SOS Villages » j’ai lancé par Jean-Pierre Pernaut sur TF1 il y a déjà 11 ans pour ceux qui souhaitent réprimander une activité ou un commerce vacant dans un village. Citons aussi l’opération « 1 000 cafés » lancée en 2019 par le Groupe SOS pour réprimander ou fréquenter les cafés multiservices dans les communes de 3 500 habitants.

Plus sur les problèmes socio-économiques, mais aussi sur l’attractivité des villages améliorés et sains, par exemple, pour le label « Villages fleuris », celui du « Plus beau village de France », l’émission France Télévisions a présenté par Stéphane Bern, ou encore pour le concours « Mon beau village » organisé par La Dépêche. L’édition 2022 est en cours et les gens du commun s’inscrivent le 30 juin pour rapporter un prix dans quatre catégories : innovation et environnement ; patrimoine; jeunesse et enfin vie locale.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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