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Mercredi 13 juillet, à 11h, les producteurs du marché bio de Villeneuve-sur-Lot organisent un brunch à consommer sur place pour fêter les 47 ans de ce marché qui a été le premier du genre en France.

« 47 ans de bio dans le 47, ça se fête ! », rigole Jacques Réjalot. Le personnage est truculent. Raconteur de Pays à Saint-Léon, œnologue, vigneron – le domaine de Pichon est dans sa famille depuis 450 ans –, il est ce mercredi matin au bio marché de Villeneuve-sur-Lot situé place d’Aquitaine. À deux pas de lui, il y a des petites tables rondes où deux femmes sirotent un café de Cathy en papotant. Ici, chacun prend le temps de vivre, d’échanger, de profiter de ce lieu qui a incontestablement une âme.
Jacques Réjalot ne veut pas être sur la photo. Il préfère mettre en avant les autres producteurs de l’association du marché biologique de Villeneuve-sur-Lot dont il est membre. Présidée par Laurent Pouget, l’asso est forte d’une bonne trentaine d’adhérents. Il a été décidé par l’organisateur le 13 juillet, à 11h, un brunch pour souffler les 47 bougies d’un marché qui a la particularité d’avoir été le premier marché bio de France. Chaque producteur proposera une recette maison composée à partir de ses produits. Ces préparations seront à déguster sur place autour de mange-debouts, dans une ambiance musicale.

Pour remercier les clients habituels et en séduire d’autres

« Ce brunch va permettre de rendre le marché encore plus agréable, se réjouit Régis. Il y aura un côté festif. C’est une manière de remercier nos clients habituels». Et d’en attirer d’autres tout en communiquant leur engagement en faveur de l’agriculture biologique dans le Lot-et-Garonne. Régis vend des fromages de chèvre. Avant il était professeur. Le maraîcher de la Ferme de Videau Pierre Pernix, lui, était graphiste – l’affiche, c’est lui. Leur vie a bifurqué un jour. Un prix de conscience. Une que de sans. « Je trouve que c’est bien d’avoir des nouveaux paysans comme eux. Ils ont un autre parcours. Ils permettent une autre approche. C’est enrichissant. Moi, par exemple, j’ai vu mes parents travailler sans relâcher toute leur vie et endurer les difficultés». La vedette est Michel Artisié de la Ferme bio de Nicoy (farines de blé, petit épeautre, sarrasin, seigle, lentilles, pois chiches, huiles de colza et tournesol, pâtes, graines à cuisiner).
Le marché bio est une fantastique galerie de portraits où se croisent les expériences. Ce sont des visages que les habitués reconnaissent et apprécient. Françoise et Henri Barbot, le couple de maraîchers de la ferme de Peyrebrune, ont 37 ans. « Si Henri n’est pas là, tout le monde de ses nouvelles », raconte Françoise qui rappelle aussi l’éthique du marché. Le bio, le local, pas d’intermédiaire, la qualité… Un art de cultiver. L’art, justement, c’est la vie de Céline Bales (Un ptit tour). Pour les 47 ans du bio dans le 47, elle vous proposera une jolie assiette en grès. Un produit artisanal local pour joindre l’utile à l’agréable.

Une galerie de portraits signés Daniel Simonet

En septembre 2020, pour les 45 ans de la marche bio, notre confrère Jean-Louis Amella dévoilait l’histoire de la marche qui a débuté le 28 mai 1975. Elle était organisée par l’emblème et le regret de Paul Simonet, premier président de Villeneuvois Ecologique Mouvement. La halle du marché bio porte aujourd’hui son nom (et celui de Jacky Lassort, autre pionnier du bio en terres villeneuvoises). Avec lui, il y a eu d’autres pionniers : les Clavié, Pozzer, Verbruggen, Laflaquière, Galant ou Carrère. Jardiniers, maraîchers, agriculteurs venus de Villeneuve, Saint-Aubin, Pujols, Bazens, Andiran ou Port-Sainte-Marie, ils étaient tous inspirés par le naturel et décidés à ne plus utiliser d’intrants chimiques dans leurs productions agricoles. Première marche bio de France à bord des bancs sur le chemin du boulevard Camille-Desmoulins au pied d’un des tours emblématiques de la bastide Villeneuvoise, le tour de Pujols. Et surtout face à l’école maternelle Georges-Lecomte et à l’école élémentaire Paul-Bert. Le tout premier marché bio de France s’est tenu, en 1975, boulevard Desmoulins à Villeneuve-sur-Lot. 47 ans après le développement de l’offre. Pour la matinée du 13 juillet, Daniel Simonet exposera au marché bio tous les portraits des agriculteurs qu’avaient été publiés dans notre journal le 30 septembre 2020. Il y a aujourd’hui deux marchés bio en Lot-et-Garonne : à Villeneuve et à Agen . Un troisième pourrait voir le jour à Marmande.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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