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Le mercredi 21 septembre, une voiture sans conducteur dévalait sur Faustine, 15 ans, dans le centre de Cahors. La lycéenne a perdu l’usage de ses jambes. Toujours sous le choc, Coraline, sa mère, veut créer une association. Deux mois après l’accident, elle témoigne.

Le mercredi 21 septembre, c’est le jour de son anniversaire. Mais désormais, dans le calendrier de Faustine, c’est une date bien trop douloureuse. Ce jour-là, la lycéenne de 15 ans scolarisée en bac pro commerce à Clément Marot sort de cours. Il est 12h20, elle descend avec sa sœur rue Fondue-Haute. Coraline, sa mère, doit venir la récupérer en voiture. Et l’après-midi, elle doit aller se faire percer les oreilles. Faustine et sa grande sœur Justine, âgée de 20 ans, ont réalisé une voiture garée en haut de la rue Fondue-Haute, sans y prêter attention. Quelques secondes plus tard : « J’étais au téléphone avec ma fille aînée quand j’ai entendu un énorme boum et les hurlements de ma fille. Puis, plus rien ».

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Coraline, la mère de Faustine est loin de se douter qu’une voiture vient de dévaler la rue et que sa fille s’est retrouvée coincée dessous. « Justine m’a rappelé, je comprends tout de suite qu’il y a quelque chose de grave », poursuit-elle. Elle part d’Arcambal et est bloquée par les secours, plus de dix minutes de retard, rue Fondue-Haute. Après, tout va très vite. Tout se mélange dans la tête de la maman : « Les pompiers me disent que c’est grave, qu’il y a un problème avec ses jambes ». Faustine est héliportée à l’hôpital Purpan, à Toulouse. Là, elle subit huit heures d’opération. Sa mère attend dans le couloir de l’hôpital, effondrée. Le lendemain matin, elle peut voir sa fille, enfin, dans sa chambre de réveil, en réanimation. « Les trois premiers jours sont critiques à cause des risques infectieux et respiratoires », précise Coraline.

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Elle est désormais l’assurance que sa fille est en vie. Mais il faut encaisser la mauvaise nouvelle annoncée par les médecins : Faustine ne retrouvera pas l’usage de ses jambes. « Je prends l’information sans la prendre, autour de moi, ma famille réagit plus rapidement, mais mon cerveau à moi est en mode survie », glisse la maman lotoise. C’est la double peine. Coraline a l’impression d’avoir « pris perpétuité deux fois ». Et en plus du désarroi, la maman fait face à « une colère énorme ».

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« Je ne veux pas qu’elle devienne un numéro de dossier médical ou judiciaire »

Faustine est ensuite transférée d’un service de rééducation à Ramonville puis, trois rapidement, au Centre de rééducation pédiatrique de Roquetaillade, près d’Auch dans le Gers. Ici, Faustine a pris ses marques. « Elle travaille le haut du corps, se déplace en fauteuil, elle est très courageuse, elle épate toute sa famille, c’est une sacrée battante, on ne la connaissait pas sous cet angle », confie sa mère. Les journées de l’adolescente sont millimétrées : séances de kiné, visite de ses proches et lecture de Mangas. Un « agenda ministériel presque », sourit sa maman. Bref, Faustine est en vie, encouragée et elle s’accroche.

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Ses camarades du collège Olivier de Magny et du lycée envoient des lettres, des cartes et des « potins », de petits mots qui donnent le sourire écrits dans un carnet de correspondance. Solidaires et touchés, les enseignants lui donnent des livres. Lorsque les psychologues lui ont demandé si elle était en colère, Faustine a répondu « non ». Sa mère, elle, a répondu oui. Mais il faut avancer. « Notre rôle c’est de rendre sa vie plus douce, de l’entourer, de lui construire un avenir à l’abri des difficultés », ajoute-t-elle. Elle envisage de solliciter le député du Lot et de créer une association pour « aider toutes les familles qui seraient confrontées à cette situation ». Pour se battre avec ses armes à elle, aussi : « Elle était au mauvais endroit au mauvais moment, on peut dire que c’était le destin mais c’était surtout de la négligence, ma fille est en fauteuil et va rester loin de la maison plusieurs mois. Je ne veux pas qu’on l’oublie, je ne veux pas qu’elle devienne un número de dossier médical, un número de dossier judiciaire. Ce n’est pas un drame anodin ni un accident de la vie, Elle perdra ses jambes dans un accident qui aurait pu être arrêté ».

L’automobiliste mon examen

Alexandre Rossi, Le Procureur de la République, a indiqué dans nos colonnes que l’automobiliste mis en cause avait été présenté mercredi 28 septembre à un juge d’instruction. Le propriétaire du véhicule, une 208 blanche, est un homme de 23 ans résidant à Cahors. Il a été mis en examen pour « blessures involontaires par conducteur de véhicule ayant entraîné une incapacité totale de travail pendant plus de trois mois, aggravées par deux circonstances, arrêt ou stationnement dangereux et non mutation de carte grise ». L’automobiliste risque 7 ans d’emprisonnement, 100 000 euros d’amende et l’annulation obligatoire du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant au maximum 10 ans. Pour l’heure, il a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur.

Rédacteur, Auteur, Journaliste

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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