L’odeur d’une feuille de mélisse peut-elle définir le cours de la vie ? Bien que pour la plupart des gens, il ne s’agisse que d’une odeur agréable dans le jardin, pour l’un des participants à une étude récente, cette odeur a été l’étincelle initiale : une tentative de jeunesse de "faire du parfum" avec cette plante est devenue la première étape d’une carrière scientifique.

Nous pensons souvent à la science comme à une discipline de données froides et de logique stricte. Cependant, si l’on demande aux botanistes pourquoi ils font ce qu’ils font, la réponse est rarement une équation mais un souvenir. C’est planter des soucis avec grand-mère ou voir des cultures de tissus végétaux pour la première fois. En effet, l’étude du Dr Joanna Kacprzyk et du Dr Rainer Melzer, chercheurs à l’University College Dublin, qui a demandé à 421 biologistes végétaux ce qui les avait motivés à choisir cette voie, a révélé que la raison numéro un n’était pas le devoir civique, mais un lien émotionnel profond.

Grâce à des questions ouvertes, les chercheurs ont recherché des récits personnels : en leur demandant de partager leurs motivations éducatives, leurs trajectoires professionnelles et leurs souvenirs nutritionnels liés aux plantes. Les résultats ont montré que la « curiosité » et le « respect des plantes » et de leur beauté en étaient les principales raisons. Par exemple, de nombreux répondants ont simplement déclaré qu’ils avaient « toujours aimé les plantes » ou qu’elles étaient « belles et intéressantes ». Un autre moteur principal était son intérêt pour « la physiologie, la génétique et les mécanismes d’adaptation des plantes », qui déclenchait souvent des « expériences pratiques » en laboratoire ou sur le terrain.

Cependant, ce n’était pas toujours le coup de foudre. L’étude montre que le hasard joue également un rôle important. Certains n’envisageaient pas de devenir botanistes mais sont entrés dans la profession par accident, peut-être grâce à un stage d’étudiant disponible ou à un poste vacant inattendu, et ont fini par y rester, absorbés par ce qu’ils ont découvert en cours de route.

Au-delà de la curiosité intellectuelle, il y avait aussi un désir de liberté ; pour beaucoup, la botanique constituait l’excuse parfaite pour travailler à l’extérieur plutôt que dans un bureau. D’autres scientifiques ont choisi la botanique pour des raisons éthiques, préférant éviter la recherche basée sur les animaux. Ces scientifiques ont spécifiquement cité l’inconfort lié à la dissection animale ou le fait d’être dégoûté par le sang comme facteurs de motivation. Cela nous rappelle que la science est également façonnée par qui nous sommes en tant que personnes.

Mais ces préjugés personnels s’épanouissent rarement dans l’isolement ; ils ont souvent besoin de quelqu’un pour planter la graine. L’étude souligne que le fait d’avoir un mentor végétal est un facteur crucial, un rôle souvent joué par des professeurs passionnés au niveau universitaire ou par la famille elle-même. Il est intéressant de noter que l’influence nationale est cruciale ; Les femmes interrogées ont cité les membres de leur famille comme mentors beaucoup plus souvent que les hommes. Cela suggère que la carrière scientifique se construit à travers des souvenirs partagés avec les parents ou les grands-parents, des années avant leur entrée dans un amphi universitaire.

La conclusion des auteurs est un appel à l’action pour tous les communicateurs et éducateurs. Si nous voulons qu’une nouvelle génération de phytologues s’attaque au changement climatique et à la perte de biodiversité, les données sur la crise ne suffisent pas pour les surmonter. Nous avons besoin d’une « stratégie de sensibilisation multi-points de contact » qui combine l’apprentissage expérientiel, la présence d’éducateurs et de membres de la famille passionnés et un lien émotionnel avec la beauté et les merveilles des plantes.

Comme le résume l’étude : « Il est important non seulement de gagner l’esprit des futurs biologistes végétaux… mais aussi de gagner leur cœur ».

Avez-vous un souvenir particulier d’une plante qui a changé votre vision du monde ? Une odeur particulière, le toucher de la mousse, ou la première fois que vous avez vu germer une graine ? Peut-être avez-vous déjà, sans le savoir, un cœur de botaniste.

LIRE L’ARTICLE

Kacprzyk, J. et Melzer, R. (2025). Inspirer la prochaine génération de phytologues : ce que nous avons appris de 421 biologistes végétaux. Plantes, personnes, planète 1 à 6. lien vers l’article

Erika Alejandra Chaves-Diaz

Erika est une biologiste et écologiste colombienne passionnée par les forêts tropicales, les primates et la communication scientifique. Elle est titulaire d’une maîtrise en écologie et conservation de la faune de l’Université fédérale du Minas Gerais (Brésil) et fait partie de Ciencia Tropical depuis 2020, un groupe de communication scientifique qui vise à connecter les gens à la biodiversité et à sensibiliser l’environnement. Vous pouvez la suivre ainsi que son équipe sur Instagram à @cienciatropical.

Traduction espagnole et portugaise par Erika Alejandra Chaves-Diaz.

Image de couverture par Anderson Butte (Wikimedia Commons)

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Rédacteur, Auteur, Journaliste |  Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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