l’essentiel
Après 6 heures de délibéré et cinq jours de procès, les jurys de la cour d’assises du Tarn-et-Garonne ont condamné les cinq accusés de 16 mois à 10 ans de réclusion, vendus le 24 juin. Une décision quasi conforme aux exigences que l’avocat général avait eu le prix. L’avocate d’Ayoub Guerrouaz – l’ex restaurateur de la rue Pargaminières considéré comme le « chef de cette équipe » – ne cachait pas que son client entendait faire appel de cette décision dès ce lundi 27 juin.

Au terme de 2h30 de plaidoiries, Mc’est Ravyn Issa et Marie-Hélène Pibouleau, conseils de Yassine Missouri, et de Ayoub Guerrouaz, deux Toulousains de 21 et 24 ans, ont clos ces cinq jours de procès devant la cour d’assises de Tarn-et-Garonne, vendredi juin 24 .

Laveille, M.c’est Pierre Debuisson, Apollinaire Legros-Gimbert et Laurence Monnier-Saillol ont défendu les trois autres accusés pour suivis eux aussi à divers degrés pour l’extorsion avec arme de deux bolides à Labastide-Saint-Pierre et Revel les 17 et 18 septembre 2019, même pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants.

A gauche : Mois Apollinaire Legros-Gimbert, l’accusé Ayoub Gerrouaz, Mois Marie-Hélène Pibouleau, Laurence Monnier-Saillol, Pierre Debuisson et Ravyn Issa.
DDM, Max Lagarrigue

Oui Met Issa ne plaide pas l’acquittement pour son client qui a reconnu être celui tenant le fusil-mitrailleur pour les deux extorsions, l’engagée avocate toulousaine s’insurge par le quantum requis à 10 ans de réclusion criminelle. « C’est disproportionné pour ce garçon, ces faits devaient être correctionnalisés », clame-t-elle comparant ces faits à d’autres où les peines étaient moindres.

« Ils sont trois dans sa cellule, et comme 173 autres contenus de Seysses, il dort sur un matelas au sol avec pour compagnie des cafards et des rats, la fenêtre de la cellule est cassée tout comme la télé qui dysfonctionne »

Comparaisons du sourcelier et du sourire de l’avocat général Bruno Sauvage tout comme le long plaidoyer de l’avocate contre l’état de la maison d’arrêt de Seysses (Haute-Garonne) où est incarcéré Yassine Missouri depuis 2 ans et demi.

« Ils sont trois dans sa cellule, et comme 173 autres contenus de Seysses, il dort sur un matelas au sol avec pour compagnie des cafards et des rats, la fenêtre de la cellule est cassée tout comme la télé qui dysfonctionne », s’insurge -t-elle faisant écho à la plaidoirie de son associé Met Legros-Gimbert ayant qualifié la prison « d’enfer ». L’avocate enjoint les jurés à de la « bienveillance » pour cet ancien « enfant obèse, atteint d’énurésie jusqu’à ses 10 ans et de dyslexie… Autant de handicaps qui sont à l’origine de son échec scolaire, et de sa vie. »

Après avoir lu le serment des jurés, laiste pénale toulousaine Marie-Hélène Pibouleau ne ménage pas son talent ni ses forces pour tenter d’instiller dans la tête des jurés le doute sur la culpabilité de son client. Arrivé le jour de l’audience après plus d’un an de cavale, Ayoub Guerrouaz, l’ex gérant du « French Cook », rue Pargaminières à Toulouse, s’est écrié avec un rare aplomb face à la Cour, être étranger à ce dossier criminel.

« Si vous avez le moindre doute, vous ne pouvez pas le condamner. L’intime conviction, c’est la certitude, et la certitude, n’est pas une opinion », martèle Met Pibouleau passant à la broyeuse les faits livrés par l’accusation. « Il n’y a aucun élément sur la séquestration dont serait rendu coupable mon client contre Yassine et Nahim. Ces faits sont bien utiles à l’accusation pour incriminer mon client », tonne la tenore.

« Missouri qui s’est rendu compte que les gendarmes l’ont utilisé, ne parle pas d’Ayoub Guerrouaz. Est-ce Ayoub de la Reynerie, de « Zepette (sic) », de ce Tariq S. dont ils ont tous peur et dont ils ne veulent pas citer le nom… »

Lors de leur garde à vue, les jeunes braqueurs avaient évoqué cet épisode où ils avaient été conduits par Ayoub dans un bois. Obligés de se mettre nus sous la menace du fusil-mitrailleur, les deux hommes étaient rentrés sains et saufs chez eux, mais couverts de bleus et traumatisés.

« Tout ça pour 5 gr de cocaïne a disparu de sa voiture », assure Bruno Sauvage dans son réquisitoire certain que l’ancien gérant du « French Cook » es bien l’auteur de ces faits « véridiques » que ne font cependant l’objet d’ aucune poursuite.

L’avocate toulousaine enfin brossée sans citer le profil de Keyser Söze en personnage fictif dans le film Usual Suspects incarné par Kevin Spacey. « Missouri qui s’est rendu compte que les gendarmes l’ont utilisé, ne parle pas d’Ayoub Guerrouaz. Est-ce Ayoub de la Reynerie, de « Zepette (sic) », de ce Tariq S. dont ils ont tous peur et dont ils ne veulent pas citer le nom… »

Des arguments que n’ont visiblement pas convaincu les jurés qu’ont condamné Ayoub Guerrouaz à 10 ans d’emprisonnement tout comme ses petites mains Yassine et Nahim à 8 ans, Arthur 7 ans, et Illies acquitté sur l’association de malfaiteurs écope de 16 mois à purger sous bracelet électronique. Me Pibouleau nous confirme à l’issue du verdict qu’elle interjette appel dès lundi 27 juin.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.