l’essentiel
Les interdictions de baignade au saut du Sabo à Arthès sont répétées et ne servent à rien. Il laissa une pièce de monnaie à la jeunesse qui voulait venir plus tard dans le Tarn après les rochers.

Après avoir descendu ces marches abruptes qui descendent après la rue André Billoux pour rejoindre les rochers au milieu d’où ils passent tranquillement le long du Tarn, le panneau blanc cerclé de rouge saute aux yeux : « baignade interdite ».

Au saut du Sabo, commune d’Arthès, cette interdiction placardée à la vue de tous passe depuis longtemps complètement inaperçue. Ici, été chaque, les groupes de jeunes d’Albi et des villages environnants sont venus tromper la chaleur en sautant dans l’eau. Carte dans ce coin de baignade interdite, les possibilités de sauts sont nombreuses. Après la passerelle, après le tel ou tel rocher. Obligeant mairie et police à répéter les mises en garde. Chaque année, le maire Jean-Marc Farré prend des arrestations d’interdiction de baignade, qui ressemblent après avoir été à des coups d’épée dans l’eau. Les jeunes continuant d’affluer.

« C’est calme ici, alors tout le monde vient là » dit simplement Axel. Il est venu avec ses copains Clément et Corentin, en vélo depuis Albi. Ils ne sont pas «habitués» du coin, mais viennent de temps en temps. Oui, ça peut être dangereux. Mais il y a du monde, si quelqu’un se fait mal ici, il y en aura toujours un pour intervenir », relativisent les trois ados.

Un décès l’année dernière

Il y a quelques jours, une voiture s’est arrêtée sur le pont, d’où sont sortis deux jeunes gens qui ont sauté immédiatement dans le Tarn. L’un d’entre eux s’est blessé, nécessitant l’intervention des pompiers. Le jeune homme, colqué à l’impact 22 mètres plus bas, et conduit à l’hôpital, s’en est sorti indamne.

« En sautant du pont, le moindre coup de vent vous décale et vous risquez de tomber sur les rochers. Il faut atterrir sur un endroit précis », explique Thomas, qui a vaguement compris le parler de cet accident. « Nous, on vient souvent parce qu’il y a des sauts à faire. C’est dangereux mais si on fait pas les cons et qu’on regarde bien où on saute, ça va bien », dit-il, désignant du doigt ses spots préférés.

Les jours de « grande » affluence, avec entre 30 et 40 personnes sur les rochers. « Sur comprendre que le voisinage ou les policiers sont plaignent, tout le monde ne fait pas attention », reconnaît Kylian du haut de ses 15 ans. « Mais il faut qu’ils comprennent qu’on est jeune et que ça ne nous empêche pas de venir ». Il l’assure, lui et ses amis sont très prudents.

« Parfois, l’eau est vraiment basse. Alors l’un d’entre nous est descendu en premier faire des repérages, voir si on peut sauter». À ses côtés, son copain Bryan explique s’être une fois blessé. « J’ai fait un plat sur les côtes, ça m’a coupé la respiration, je ne pouvais plus nager. C’est mon cousin qu’a plongé pour me récupérer». Rien à voir avec les rochers donc…

L’été dernier, un après-midi d’aut, un jeune homme de 22 ans a perdu la vie en se cognant sur les pierres, devant plusieurs témoins. C’est l’intervention des pompiers qu’avait permis de remonter le corps à la surface. Une histoire que tout le monde connaît. Plus qui n’empêche personne de revenir sauter. « Des accidents, il y en a partout. Et puis, où veux-tu qu’on aille », lâche enfin Kylian.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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