l’essentiel
Au quatrième jour du procès d’assises d’une équipe de braqueurs de voitures poursuivie également pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants, ils ont juré avoir vécu une véritable journée marathon, ce 23 juin à Montauban. Demain vendredi 24 juin se tendra les dernières plaidoiries de la défense avant que je leur ai juré et parent délibérer.

Avant que ne tombe demain 24 juin le verdict, les jurés ont vécu une journée marathon au quatrième jour de ce procès d’assises d’une équipe de cinq jeunes braqueurs poursuivie aussi pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants (nos éditions des 19, 21, 22 et 23 juin).

Après avoir clôturé l’examen personnel de Nahim Z. – originaire du Tarn-et-Garonnais, 22 ans, il a été armé de son fils Yassine M., 21 ans, armé d’une carabine-mitrailleur et d’une Mégane 4 RS à un garage Labastide -Saint-Pierre, et unit l’Audi RS 3 à un Revel primeur, Les 17 et 18 septembre 2019 -, la matinée s’est achevée par le témoignage de la mère d’Ayoub G.

Le protagoniste de cette affaire ?

Figure centrale du dossier pénal, le Toulousain de 24 ans est considéré par les enquêteurs de la section recherche de Toulouse comme le « patron de cette équipe », et selon les propres aveux des braqueurs durant leur garde à vue comme le commanditaire de ces extorsions avec arme en vue de réaliser des opérations liées à un trafic de drogue international.

J’ai été interrogé en décembre 2019 par le GIGN dans un gîte à Dieupentale bourré de drogues, et où les gendarmes trouvaient aussi l’arme de guerre ayant servi aux braquages, le jeune restaurateur toulousain avait desparu des radars de la justice. Un mandat d’arrêt international à délivrer en mai 2021. En vain.

Le jeune gérant du French Cook, un restaurant situé rue Pargaminières à Toulouse ou retrouvaient régulièrement les suspects, n’est réapparu que ce 20 juin à l’ouverture du procès. « Est-il venu pour verrouiller la parole des petites mains de cette équipe (Nahim Z. et Yassine M. qui sont incarcérés depuis deux ans et demi)? », s’interroge l’avocat général, ces derniers étant revenus sur leurs aveux endossant l’entière responsabilité des faits.

« Il a fallu des semaines pour récupérer les écoutes téléphoniques, des uns et des autres, et le confondre »

Une position que n’a pas convaincu Bruno Sauvage. « Ayoub G., alias « French Cook », le « grand » pas seulement par sa taille mais surtout par son implication », assure le général réclamé contre lui, et les deux braqueurs, 10 ans de réclusion criminelle.

Le procureur reprond avec précision les raisons pour demandées, le jeune restaurateur, incarnait le protagoniste de cette affaire, a été relaché de garde à vue en décembre 2019, après 50 minutes d’audition dans les locaux de la brigade de recherches de Montauban.

Président de la cour d’assises Guillaume Roussel
Dessin Téti

Un point utilisé avec habileté par Me Marie-Hélène Pibouleau, conseil d’Ayoub G., pour justifier la faiblesse des charges contre son client. L’avocate qui plaide l’acquittement clôture demain matin les débats.

« En ce moment, les enquêteurs ne le connaissaient pas, les braqueurs ne l’avaient pas encore incriminé comme le commanditaire… Il a failu des semaines pour récupérer les écoutes téléphoniques, des uns et des autres, et le confondre », a justifié B. Sauvage revenant également sur l’épisode de la séquestration de Yassine et Nahim.

Les deux braqueurs ont dénoncé durant leur garde à vue avoir été conduits par Ayoub dans un bois. Ce dernier les a fait « mettre à poil » sous la menace du fusil-mitrailleur dont Ayoub aurait fait usage en tirant en l’air pour les effrayer. « Tout ça pour 5 gr de cocaïne qui avait disparu de sa voiture », rappelle B. Sauvage. Ce n’est pas non plus un hasard pour l’avocat général que les deux bolides provenant des vols à main armée se retrouvent à Villariès et Le Born. « Deux villages au nord de Toulouse, insiste-t-il, en lien avec les résidences de ses parents ».

A gauche : Mois Apollinaire Legros-Gimbert, Pierre Debuisson et Marie-Hélène Pibouleau

A gauche : Mois Apollinaire Legros-Gimbert, Pierre Debuisson et Marie-Hélène Pibouleau
DDM, Max Lagarrigue

Plus magnanime pour Arthur C., l’avocat général ne requiert que 7 ans d’emploi contre Lui, et 16 mois de prison avec un acquittement partiel à Illyès M. Ce Bastidien de 26 ans avait véhiculé les braqueurs au garage de Labastide-Saint-Pierre. Des réquisitions jugées très « loyales » par Me Pierre Debuisson et Apollinaire Legros-Gimbert, conseils de deux accusés, qui ont plaidé l’acquittement de leurs clients. Verdict demain.

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