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En septembre 2019, dans forêt de Bouconne, de nuit, Raphaël a vidé est 357 Magnum sur William qui lui devait de l’argent, 1000 € de cocaïne non payée. Ils ont juré avoir condamné cet ancien militant FN puis Gilet jaune à 18 ans de réclusion criminelle comme l’avait requis l’accusation mais pour tentative de meurtre, pas pour tentative d’assassinat.

Quand dans la nuit du vendredi 27 septembre 2019, Raphaël Goiset a embarqué William dans sa voiture de fonction direction la forêt de Bouconne, à l’ouest de Toulouse, qu’avait-il en tête ? « Récupérer son argent, son obsession », pour ses avocats, Mes Joris Morer et Apollinaire Legros-Gimbert.

À deux voix, la défense lutte contre la préméditation reprochée à ce garçon de 35 ans, ex-membre du FN puis Gilet jaune de la première heure. Des engagements peu évoqués « parce que loin du dossier », estime la défense derrière les jurés de la cour d’assises de la Haute-Garonne. Dénonçant « la justice privée », l’avocat général François Jardin réclame au contraire la préméditation même s’il évoque aussi les violences avec arme et surtout le meurtre lors d’un réquisitoire trop long à défaut d’être précis.

Sa fuete, « un chemin de sang »

Sur sa chaise, deux doigts de la main droite coincés dans un attelle, son bras droit inerte, handicapé à vie, William essaie de rester calme. Cet homme de 35 ans qui dit « essayer de se reconstruire après avoir failli mourir » est tombé dans la suite à une série de soucis personnels mais également professionnels, notamment le traumatisme du Bataclan pour celui qui était alors policier-adjoint. La police à mon dehors. À Toulouse, les choses ne sont pas arrangées. Il a croisé l’accusé, partageant son goût de la cocaïne. Et mardi, ce Carcassonais a ouvert sa chemise pour montrer aux jurés les impressionnantes cicatrices de ses blessures.

Trois balles « au moins avec des orifices entrant et sortant » selon l’expert légiste. L’accusé, et la victime, évoquent tous les deux coups de feu. « I shot dans le noir complet, sans repère. On s’en est rendu compte lors de la reconstitution », prieur Me Morer qui met en avant « le travailleur acharné que prend de la coke pour tenir » lors d’une première plaidoirie plutôt maîtrisée devant la juridiction criminelle.

William aurait pu, dû, mourir. Cette force de la nature a réussi à s’échapper, rampant dans la forêt. Il s’agit d’avocat, Me Sébastien Leguay, qualifié cette fuete « de chemin de sang ». « Si cet homme n’avait pas trouvé la force de se traîner sur plus de 90 mètres, n’avait pas rassemblé ses forces pour s’échapper, la force de vivre en pensant à sa fille, sans doute serait-il mort ! » Et l’avocat, qui a plaidé avec Me Manon Negre, conseil à l’accusé « de travailler sur lui-même, de travailler sur les règles à respecter, à commercer par le respect des autres ! »

La défense : « Parfaite improvisation »

Ce travail sur lui-même, l’avocat général que quiert 18 ans de réclusion criminelle souhaite le aussi avec suivi socio-judiciaire. Les défenses poursuites sont du travail contre la préméditation. « Comment peut-on préparer un crime sous les effets conjugués de l’alcool et de la cocaïne. Ce n’est pas cohérent », a plaidé Me Legros-Gimbert. « Dans ce dossier, nous sommes dans une parfaite improvisation », clame Me Morer. « 43 appels à la victime après qu’ils soient eux-mêmes téléphoniques dans la soirée. Et il prémédite de le tuer ? Il ne réfléchit pas et après il panique », insiste Me Legros-Gimbert.

Les jurés, quatre femmes et deux hommes autour du président Michel Huyette et deux assesseurs femmes ont réfléchi 2h30. Dans leur intime condamnation, ils ont écarté la préméditation mais ils ont condamné Raphaël Goiset à 18 ans de réclusion criminelle.

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