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Le phénomène du « rest basket », où des clients quittent leur table sans payer l’addition, connaît une recrudescence à Toulouse. Témoignages de restaurateurs.

« Suite à la recrudescence de Resto Basket, nous encaisserons dorénavant toutes nos tables à des 23 heures. Toutes les consommations prises après 23 heures seront directement encaissées à la commande. Nous vous remercions pour votre compréhension ». Les responsables du restaurant Les Chimères, place intérieure Saint-Cyprien à Toulouse, ont affiché ce mot il y a quelques jours dans leur établissement.

Avec sa multitude de tables disséminées sur trois niveaux, et sur sa terrasse, le restaurant est propice au phénomène du « Resto Basket ». Des clients peu scrupuleux s’installent, consomment, et partent sans payer.

« L’équipe n’a pas besoin de passer par-dessus les yeux partout »

« L’équipe ne peut pas avoir les yeux partout. Depuis le mois de mai, cela s’est passé plusieurs fois. C’est principalement lorsque le restaurant est très rempli, explique Emilie, l’une des responsables de l’établissement. Cela a été le cas à la fin du printemps, avec les retransmissions sportives. Il y avait des groupes. Certains ne souhaitent pas attendre pour payer. Deux ou trois fois, c’était carrément une table entière. Parfois, c’est un couple. L’un va aux toilettes, l’autre fait mine de l’attendre, et ils s’éclipsent tous les deux».
Pour lutter contre le phénomène, le responsable exhorte ses équipes à une grande vigilance, et réorganise son système d’encaissement.

« Pas de profil type. Des tables entières, des couples, des familles… »

C’est ce qu’a fait également Thomas Fantini, le patron de la Pergola, à Lardenne, il y a quelques années. « Je n’ai pas connu de Resto Basket depuis plusieurs années. Mais il y a cinq ans, ça m’est arrivé. Les gens ont laissé un billet de 150€. Il n’y a pas de type de profil. J’ai même vu des familles le faire. » Après cette mésaventure, le patron a placé ses caisses en sortie de terrasse et de salle. Il a égalementré poursuivi à ses employés de se relayer, por quelqu’un soit systématiquement présent à l’accueil.

Les auteurs risquent 6 mois de prison et 7 500 € d’amende

Même si le phénomène du « rest basket » demeure bien présent chez les restaurateurs toulousains, le nom des plaintes, lui n’augmente pas dans les commissariats de la ville. « Pour les six premiers mois de l’année 2022, nous en avons enregistré moins d’une dizaine, explique un porte-parole de la police nationale. Avant le Covid, en 2019, nous en avions une quinzaine sur la même période ».

Pour confondre les auteurs, qui craignent 6 mois de prison et 7 500 € d’amende, Thomas Fantini encourage pourtant ses collègues à déposer plainte. « Il y a quelques années, cela avait permis de récupérer les informations, et d’interpeller une famille qui écumait les terrasses… »

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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