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La cohabitation des automobilistes et des cyclistes, ou amateurs de trottinette, est devenue souvent par des étincelles à Toulouse. Un chauffeur de taxi et un cycliste sont battus comme des chiffonniers vendredi. Et si on partageait mieux la route ?

L’un descendait la Grande rue Saint-Michel vers Rangueil pour rentrer chez lui. « Sans client, et en fin de service, il n’avait pas le droit d’emprunter le couloir de bus », a prévenu un policier toulousain. En face, un cycliste roulait vers le centre-ville et il a dû réaliser un écart pour éviter un véhicule en double file. Résultat cycliste et taxi sont croisés, frôles même. La suite tient presque du classique de la vie toulousaine : geste d’agacement du cycliste, coup de frein à main du chauffeur. « On se traite de con à peine qu’on se traite », chantait Nougaro.

Non seulement ces deux hommes de 38 ans se sont insultés mais aussi battus. Le chauffeur de taxi, qui n’était pas là pour assister à l’arrivée de la police, à cette arrestation mardi, placé 48 heures en garde à vue et condamné ce jeudi dans le cadre d’un « plaider-coupable à six mois de prison avec sursis probatoire.

« Cet homme n’a aucun antécédent de violence. Il traverse une période personnelle compliquée et il a très mal réagi », tempère son avocat, Me Pauline Godet. Blessé au cou par un coup de clef, le cycliste père de famille de 38 ans, a dû recevoir un point de suture à la clinique du Parc voisin. « Le coup a été porté au niveau de la carotide. Cela aurait pu être beaucoup plus grave », a reproché Me Clémence Doumec, fils d’avocat, qui a obtenu 2 500 € de dommages et intérêts.

Ce fait divers pose également la question épineuse de la cohabitation entre voiture et vélo à Toulouse. La population des cyclistes progressant, la cohabitation est compliquée. « Il paraît que Toulouse n’est pas adapté au cycliste. Il n’y a pas assez d’équipements dédiés. Quand on conduit, en centre-ville, franchement c’est la foire d’empoigne », estime un automobiliste pourtant pas anti-voile.

Récemment, lors du procès d’un conducteur ivre coupable d’avoir renversé, et tué, une jeune femme à vélo, le représentant du parquet a souligné l’importance « de mieux cohabiter, de partager la route ». Un souhait valable pour les deux « camps ». La police nationale a verbalisé 39 cyclistes toulousains la semaine dernière : non-respect des feux ou des priorités, sens interdit, écoute ou téléphone au guidon.

« Les écouteurs, parfois même les casques audios, sont très dangereux parce qu’ils coupent le cycliste de son environnement », insiste un spécialiste de la sécurité routière. « Et les cyclistes doivent respecter le code de la route », rappelle un policier.

Comme les conducteurs de trottinette, amateurs de slalom, sur route ou trottoir. « La trottinette, quand on a plus de 12 ans, c’est seul. Pas à deux ou à trois, s’inquiète un policier. Casque, comme à vélo, et gants sont conseillés. Ils évitent les blessures graves ! » Avez-vous des automobilistes? « Eux aussi doivent respecter les règles de la route, notamment les feux et l’interdiction de téléphoner, alerter le fonctionnaire. Et bien sûr plus pensez aux autres ! »

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