l’essentiel
Nicolas Larbouillat a dévissé lors d’un périple dansque dans les Pyrénées à proximité de la Tusse de Montarqué (31). Il ne doit son salut qu’à l’intervention aux sauveteurs de la CRS Pyrénées.

Nicolas Larbouillat vient de fêter ses 31 ans, séoul, dans la chambre 422 du service de traumatologie de l’hôpital Purpan, une perfusion sanguine sur les bras et la hanche en vrac

. Cet ouvrier agricole à la barbe drue et au physique fuselé par les efforts est un miraculé. Il ne doit son salut qu’aux secouristes de la CRS Pyrénées. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, près du Tusse de Montarqué (31), découverte d’une barre rocheuse.

Ce fou de trekking raconte sa randonnée cauchemardesque, réalisée il y a deux mois au pied du Pic Canigou : « Après des années, je m’autorise une longue pause pour réaliser une grande randonnée. J’étais parti de Vernet-les-Bains (66 ) . L’idée était de faire une grande boucle en passant par le Pays basque. J’ai franchi la frontière espagnole. J’ai suivi le GR 11 et j’ai fait demi-tour au col de la Pierre Saint-Martin avec mon pote François qui m’avait rejoint deux semaines auparavant. Le temps était magnifique. Les paysages à couper le souffle surtout côté espagnol. On a croisé des isards, biches, chevreuils, c’était le paradis. »

« Le brouillard tombe, on n’y voit pas à 20 mètres »

Les deux randonneurs parcourent 20 à 50 km chaque jour avec des dénivelés oscillant entre 1 000 et 2 000 mètres. La veille de l’accident, son bivouaque à la chapelle Notre Dame d’Artiguelongue de Loudenvielle (65). « On s’est réveillés en pleine forme. L’objectif était de rejoindre le refuge du Portillon (31). On est partis un peu tard. On s’est engagé dans la montée en fond de vallée en passant par le refuge de la Soula. Là, on fait une bonne pause. On repart. L’heure tourne. On se dit qu’on va s’arrêter dans un autre refuge un peu plus loin, mais en fait il est fermé. On n’a pas envie de dormir à la belle étoile, donc on continue, espérer renforcer notre destination. »

C’est là que ça se gate. « Le brouillard tombe. On n’y voyait pas à 20 mètres. On essayait de se repérer avec les cairns au sol qui balisent les chemins, mais on se planta. On se regress au bord d’un lac, mais ce n’est pas le bon. Il est 19h30. La nuit tombe. Je commence vraiment à flipper. D’autant plus qu’on a failli tomber dedans. On fait la connerie de ne pas bivouaquer sur place. On savait qu’il allait pleuvoir le lendemain et on voulait rester au chaud la journée suivante. On s’entête à rejoindre le refuge du Portillon. »

« Je suis tombé comme un caillou que dévale une pente »

Ils reprennent leur périple : « Ça a été un carnage. La pluie tombait, on n’y voyait rien. On s’est retrouvé au milieu d’une paroi rocheuse. « Avais 15 kg sur le dos. Je m’agrippais comme je déposé. J’avais les mains froides. À un moment, je n’avais plus de force dans les bras. J’ai lâché. Et là, c’est parti J’ai fait des tas de roulés-boulés, comme une poupée désarticulée, je suis tombée comme un caillou que dévale une pente, j’ai dû rebondir sur la tête trois ou quatre fois avant d’atterrir sur une grosse pierre. l’adrénaline, j’ai essayé de me soulager, mais j’ai vite compris qu’il y avait quelque chose de cassé. »

Son ami François est au-dessus. « Il a cru que j’étais mort. Il est venu à mon secours. Il m’a enveloppé avec une couverture de survie, en attendant les secours. » Problème : il n’y a pratiquement pas de réseau à cet endroit. « On avait trois téléphones, un seul affichait une balayage. On a réussi à voir les sauveteurs. Je ne demanderai jamais assez pour ce qu’ils ont fait. »

« J’ai kiss me feel free c’est ma drogue »

Les deux jeunes gens voient au loin serpenter les CRS équipés de lampes frontales. « Le sang s’était arrêté de couler, mais j’avais des douleurs terribles au bassin. Ils m’ont transporté sur un brancard avec des roues, solidement harnaché. Qu’est-ce que j’ai jonglé à ce moment-là Je me suis retrouvé aux urgences à Saint-Gaudens avant d’être transféré à Purpan. Le personnel médical est super. J’ai eu plusieurs opérations. C’est clair, à l’avenir, je prendrai moins de risques, mais je ne vais pas arrêter les randonnées. J’ai besoin de me feel free, c’est ma drogue ».

Nicolas Larbouillat souffre d’une fracture du cotyle, la part du corps que relie le fémur à la hanche.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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