l’essentiel
Les Hautes-Pyrénées avec certitude et le Lot avec une forte probabilité viennent de s’ajouter à la liste des huit départements d’Occitanie où les loups ont croqué des brebis ces dernières années. Arrivé d’Italie en 1992, l’animal protégé par l’Europe a franchi le cap de viabilité en 2018. On recensait 624 en France en 2020, entre 12 et 15 en Occitanie en 2021.

Il est passé par ici, il repassera par là. Il court, il court, le furet… Et le loup, n’en parlons pas. On en connaissait une bonne douzaine en Occitanie, des solitaires pour la plupart, croquant essentiellement des brebis en Lozère, dans l’Hérault, le Gard, les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, l’Aude, le Tarn et l’Aveyron. Voilà maintenant que les Hautes-Pyrénées et le Lot s’ajoutent à son tableau de chasse. Sur les hauteurs d’Hautacam, soixante brebis ont succombé en mai. Ils sont impliqués a été reconnu début juin. Heureusement, le comité de pilotage « Loup » du Lot a confirmé que les sept attaques constatées ces 15 derniers jours entre Carlucet et Soulomes étaient bien causées par un loup. Bilan, 22 brebis tuées et 20 blessées.

Une loup mange en moyenne 2 à 5 kg de nourriture par jour, ce qui s’équilibre entre de gros repas (seulement 8 kg) et plusieurs jours de jeûne.

Maintenant que la convention de Berne, qui l’a classé spécifiquement en 1979, lui a donné des ailes. Arrivé en Italie en 1992, il dispose d’une forte capacité de dispersion avec l’autorisation des deux tiers des départements français. A la fin de l’année 2021, le Loup-Lynx estime que la population de Loups en France comprend 624 individus dans 145 zones de présence permanente, dites ZPP.

Une chose est sûre, le Larzac sera la prochaine dans quelques semaines nous a confirmé l’Office français de la biodiversité (OFB), deux individus dont une femelle ayant été repérés deux hivers consécutifs, entre le Sud Aveyron, le Gard et l’Hérault .
Les élévateurs sont bien placés pour le savoir. Entre cette ZPP et celle de l’Aubrac, il y a déjà eu de nombreux constats d’attaque sur les troupeaux de l’Aveyron en 2021.
Ainsi, 64 cas se sont ajoutés à la liste des victimes sur les deux derniers mois de l’année, et 23 demandes de subvention pour chiens de garde ont été traitées à la DDT les deux mois qui ont suivi.
Une option que les eleveurs d’Hautacam n’envisagent pas encore, tant de choc a été soudain pour eux, début mai, dans les Hautes-Pyrénées. L’irruption du loup dans leur quotidien, ils ne s’y attendaient pas, même si le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation avait proposé d’aider ceux qui souhaitaient s’équiper en chiens de protection, debut avril, au regard de la proximité avec la ZPP des Pyrénées-Atlantiques. Ils avaient bien entendu parler d’un loup dans le Béarn et d’incursions, parfois, du côté du Soulor. De plus ils se sentent protégés par la distance.

D’une certaine manière, ils avaient raison. A priori, c’est un autre loup, d’origine inconnue, dont l’image a été « capturée » par un piège vidéo dans la nuit du 29 au 30 mai, sur l’estive du Vic-de-Préchac. « Sur confirmation d’attente, plus sur je pensais que je ne suis pas dans le ciel de Béarn, voiture sur eu des attaques des deux côtés. Il y a trop de distance », précise Louis-Gérard d’Escrienne, directeur régional adjoint de l’OFB. Je me suis interrogé sur la cohabitation entre pastoralisme et loup, il répond sans détour, « j’y crois moyennement ».

Ce rapport de l’Inrae publié en 2020 semble aller dans le même sens. « Après une dizaine d’années, on note que les attaques s’opèrent de plus en plus près de fermes, villages, lotissements périurbains et routes, de nuit comme de jour, et jusque dans les parcs de nuit à bétail. La raison en est que la nature du personnage est trois intelligente, opportuniste et particulièrement adaptable à ces prédateurs, faisant vraisemblablement partie du statut juridique d’une espèce strictement protégée en France », indique l’Institut national de la recherche agronomique et sur l’environnement, qui prône de cesser de « réapprendre aux loups la peur des humains proches des troupeaux », considérant qu' »éradicar le prédateur n’est pas une option ». Une crainte qui ne doit pas être combattue par des tirs de défense, dans tous les cas, pour les associations de protection des animaux. Le mythe du grand méchant loup, très peu pour elles.

Rédacteur, Auteur, Journaliste | Plus de publications

Gabriel Durant est un journaliste et écrivain français spécialisé dans la région Occitanie. Né dans la ville de Perpignan, Gabriel a toujours été passionné par l'histoire, la culture et la langue de la région. Après avoir étudié la littérature et le journalisme à la Sorbonne, il a commencé à écrire pour le site web Vent d'Autan, où il couvre un large éventail de sujets liés à l'Occitanie. En plus de son travail de journaliste, Gabriel est également un romancier accompli.

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