l’essentiel
Il a interrogé le président Macron, le 9 juin 2019, au bain de Gaillac. La vidéo fait le buzz sur les réseaux sociaux. Nous avons rencontré Laura C., 18 ans, à la sortie du lycée Victor Hugo à Gaillac.

Tout se passe selon les plans. Le président de la République était à l’heure. Aucun incident à déplorer. Emmanuel Macron s’est même offert un bain de foule, à la sortie de la gendarmerie de Gaillac. Et puis Laura, du haut de ses 1m50, ce lieu enrayer cette visite présidentielle bien qu’en fuite. « Vous mettez à la tête de l’Etat des hommes accusés de viols et de violences sur les femmes. Pourquoi ? S’il vous plaît répondez-moi ». Cette apostrophe au Président est devenue virale sur la toile.

En Terminale Littéraire, Laura poursuivra ses études, à la rentrée, en faculté d’histoire à Perpignan. « Je viens d’apprendre que je suis accepté. C’était mon premier choix sur Parcours Sup! », dit-elle d’emblée, avec un grand sourire. Well calée sur un banc, elle raconte : « Hier, j’ai demandé à mes profs de sortir plus tôt. J’avais envie de lui poser ma question ».

Pas du tout certain de dialogue avec le Président, elle se positionne à tout hasard en bord de route, avec ses amies, derrière les barrières de sécurité. « Sa voiture s’est arrêtée à proximité. J’ai grimpé sur la barrière car je suis petite et j’ai levé le bras. C’est tout ». Laura raconte posément, ni haine, ni remords dans ses propos.

Soutien de ses camarades

« Si un prof m’accusait de pédophilie, il ne pourrait plus exercer. Alors je ne comprends pas qu’un ministre accusé de viol puisse rester en fonction. » La réponse du président a été satisfaisante. « Ils sont ‘Non, tu ne comprends pas’, je suis resté en travers de la gorge. Il m’a traité comme une gamine ». Le Président distribué, Laura un craqué nerveusement. « J’ai pleuré. » Puis, elle est retournée en cours.

Informés par les réseaux sociaux, les enseignants et ses camarades de classe avaient beaucoup de questions à lui poser. « On in a discuté en classe. Beaucoup m’ont félicité. » Laura désormais seule, téléguidée par personne : « Je ne connais pas d’association ni de fête. De plus en plus, j’ai besoin d’une éducation de mes parents basée sur le respect de l’autre, l’égalité des sexes. »

Elle a aussi vécu des situations plus sordides : « J’ai été victime d’attouchements dans le métro », fini-elle par lâcher. Originaire de Conflans Saint Honorine – « la ville de l’attentat contre Samuel Paty », tient-elle à préciser – la famille s’est installée à Gaillac, il y a quelques années. Ce jeudi soir, sa mère pas fâchée par le comportement de sa fille, lui a tout de même rappelé qu’il y a l’examen du Bac dans quelques jours. « Papa a pris un air détaché », précise-t-elle, affectueusement.

« Je suis féministe »

Ce matin, au lycée, elle a reçu la visite des gendarmes. « Ils m’ont interrogé pendant 10 minutes. J’ai tenu la main du Président jusqu’à ce qu’il réponde. On ne va pas en faire une histoire. Ce n’était peut-être pas l’endroit pour mon intervention , mais c’était l’occasion ». Est-elle de droite ? de gouache ? « A la maison, maman est plutôt de gauche et papa plutôt de droite. Moi, je suis féministe. Je n’ai rien contre Macron. Je pensais qu’il a fait de bonnes choses dans une situation pas facile avec la crise sanitaire. Mais pour l’Education Nationale, sur les violences faites aux femmes, je trouve qu’il n’a pas été bon. »

L’heure tourne, ses amies l’attendent. Pour Laura, il est temps de passer à autre chose. « Mais si c’était à refaire, je le referai », affirme-t-elle, un rien bravache.

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